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Coronavirus : premier jour de confinement au Royaume-Uni

La place de Trafalgar Square désertée, le 24 mars 2020, à Londres.
La place de Trafalgar Square désertée, le 24 mars 2020, à Londres. AFP - JUSTIN TALLIS

Les Britanniques vivent, mardi, leur premier jour de confinement au lendemain des annonces de Boris Johnson. L'opposition réclame toutefois des précisions concernant les mesures annoncées.

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"Restez à la maison !" Le gouvernement de Boris Johnson a finalement exhorté les Britanniques, mardi 24 mars, à se soumettre à un confinement sans précédent d'au moins trois semaines, les avertissant qu'ils risquaient de voir mourir des êtres chers s'ils ne s'y pliaient pas.

"Si vous ne restez pas à la maison, les gens que vous aimez le plus pourraient mourir", a prévenu sans ambages Michael Gove, un ministre de premier plan du gouvernement conservateur de Boris Johnson. "N'allez pas dehors répandre cette maladie !", a-t-il enjoint sur la chaîne de télévision Sky News.

Au premier jour du confinement au Royaume-Uni – qui dénombrait officiellement lundi 335 morts et 6—650 contaminations –, la circulation automobile s'est réduite et les rues de Londres, d'habitude animées en pleine heure de pointe matinale, étaient calmes dans de nombreux quartiers, ont constaté des journalistes de l'AFP. Seuls étaient visibles quelques joggers ou des personnes seules, un sac de courses à la main.

>> À lire : Face au coronavirus, le Royaume-Uni opte finalement pour le confinement

Mais dans le sud de la capitale, un supermarché a été pris d'assaut dès l'aube et son rayon de papier toilette s'est vidé en quelques minutes. Et des rames de métro, dont la fréquence a été fortement réduite, se sont retrouvées bondées de voyageurs peu respectueux de la consigne de maintenir une distance de deux mètres entre eux.

"Je ne peux le dire plus vigoureusement : nous devons stopper tous les usages non indispensables des transports publics. Ignorer ces règles signifie que des vies seront perdues", a lancé le maire de Londres, Sadiq Khan, sur Twitter.

L’opposition demande davantage de clarté au gouvernement

En Écosse, Édimbourg est devenue une ville fantôme, selon un journaliste de l'AFP. La capitale écossaise, qui dépend fortement du tourisme, s'est vidée des joueurs de cornemuse ou des bus touristiques.

Critiqué un temps pour sa réponse jugée timorée à la pandémie de Covid-19, le gouvernement de Boris Johnson a décrété le confinement lundi soir dans un discours à la nation. Désormais, les Britanniques ne sont autorisés à sortir de chez eux que dans des cas très limités comme faire ses courses "aussi peu souvent que possible", aller travailler "quand c'est absolument nécessaire", se faire soigner ou faire de l'exercice, une fois par jour. Les rassemblements dans l'espace public de plus de deux personnes sont interdits et tous les magasins de biens non essentiels sont fermés au public.

Mais les appels se multiplient, notamment de la part du chef de l'opposition travailliste Jeremy Corbyn, pour davantage de clarté sur les mesures annoncées, sur les lieux de travail pouvant rester ouverts, alors que les chantiers de construction ont repris mardi comme si de rien n'était.

La police est chargée d'appliquer ces dispositions et peut sanctionner les contrevenants par des amendes, un durcissement notable dans un pays attaché aux libertés individuelles.

Des policiers en sous-effectifs

Contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays comme la France, les Britanniques n'ont pas pour l'instant à remplir une attestation de déplacement pour pouvoir sortir de chez eux.

"Tout le monde reconnaît, comme le Premier ministre l'a dit, que nous sommes un pays de libertés. Mais nous vivons une urgence nationale et nous devons faire tout ce que nous pouvons pour limiter la propagation de l'infection", a lancé Michael Gove.

Il s'agit de ne pas submerger le système public de santé à un moment où la progression de la maladie s'est nettement accélérée au Royaume-Uni.

Ancien chef de la police de Manchester, Peter Fahy a estimé que faire appliquer ces mesures serait difficile, les policiers étant déjà en sous-effectifs, avant même le début de la pandémie.

"Cela requerra un grand soutien public, une grande acceptation publique et un grand respect par le public", a-t-il dit sur la BBC.

Avec AFP

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