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Face à l'impasse politique, Washington réduit son aide à l'Afghanistan

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pence et le président afghan Ashraf Ghani à Kaboul, le 23 mars 2020.
Le chef de la diplomatie américaine Mike Pence et le président afghan Ashraf Ghani à Kaboul, le 23 mars 2020. © Présidence afghane via Reuters

Les États-Unis ont réduit, lundi, d'un milliard de dollars leur aide à l'Afghanistan après l'échec d'une médiation de Mike Pompeo auprès des dirigeants politiques à Kaboul. Washington a toutefois confirmé le retrait progressif des troupes américaines.

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Les États-Unis vont réduire d'un milliard de dollars leur aide à l'Afghanistan et sont prêts à faire de même en 2021 face à l'impasse politique entre le président afghan Ashraf Ghani et son rival Abdullah Abdullah, a déclaré lundi 23 mars le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo.

Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah ont tous les deux revendiqué la victoire à l'élection présidentielle du 28 septembre, un scrutin émaillé d'allégations de fraudes, de problèmes techniques et de violences.

"Nous entamerons également un examen de tous nos programmes et projets pour identifier des réductions supplémentaires et allons reconsidérer nos engagements en vue des futures conférences de donateurs pour l'Afghanistan", affirme un communiqué de Mike Pompeo publié à l'issue d'une journée de discussions à Kaboul.

"Incapacité" pour former un gouvernement d'union

Le chef de la diplomatie américaine s'est rendu pendant huit heures dans la capitale afghane, puis à Doha, au Qatar, où il a rencontré pour la première fois des chefs des Taliban. Mais trois semaines après la signature d'un accord de paix historique entre Washington et les Taliban, cette double visite surprise n'a pas permis de surmonter "l'impasse politique", de l'aveu même de Mike Pompeo, qui a toutefois évoqué quelques "avancées".

Dans la capitale afghane, le secrétaire d'État a notamment rencontré le président Ashraf Ghani et l'ex-chef de l'exécutif Abdullah Abdullah. Il a dit leur avoir fait passer un "message urgent" pour qu'ils fassent "des compromis" en formant un gouvernement d'union capable de négocier avec les insurgés – la prochaine étape du processus de paix qui tarde à se concrétiser.

Mais les deux hommes lui ont ensuite signifié "leur incapacité à trouver un accord sur un gouvernement inclusif", a déclaré Mike Pompeo. En raison de cet "échec", que les États-Unis "regrettent profondément", il a annoncé que l'aide américaine à l'Afghanistan serait réduite "immédiatement" d'un milliard de dollars, et d'un milliard supplémentaire en 2021 si l'impasse se poursuivait. Il a toutefois promis que l'aide pourrait éventuellement être rétablie si Ashraf Ghani et Abdullah Abdullah parvenaient à s'entendre.

Crainte de l'arrivée du Covid-19 en Afghanistan

Mike Pompeo a en parallèle confirmé que le retrait américain se poursuivait malgré ces blocages.

Pendant ce temps, la violence continue en Afghanistan. Mike Pompeo a certes salué le fait que les Taliban aient cessé de viser les troupes étrangères, estimant donc qu'ils tenaient leur engagement de "réduction de la violence". Mais les insurgés n'ont pas mis fin à leur offensive contre les forces afghanes.

À ces combats s'ajoutent les craintes qu'une crise sanitaire de grande ampleur ne frappe bientôt l'Afghanistan, avec l'arrivée ces dernières semaines de dizaines de milliers d'Afghans de retour d'Iran, un des pays les plus touchés par la pandémie de Covid-19. Avec un système de santé extrêmement précaire après 40 ans de guerre, il est peu probable que l'Afghanistan puisse faire face à une telle crise.

Avec Reuters et AFP

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