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France: la récession sera plus forte que prévu, prévient le gouvernement

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Paris (AFP)

La France connaîtra cette année une chute de son produit intérieur brut (PIB) de bien plus de 1%, a averti mardi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, et la sortie de crise après le coronavirus ne se fera pas du "jour au lendemain" pour le pays qui, comme ses voisins européens, subit en mars une chute record de son activité.

"Chaque semaine de confinement supplémentaire (...) a un impact sur notre croissance" qui se chiffre en milliards d'euros, tout comme l'évolution de la situation dans d'autres pays du monde, a déclaré le ministre lors d'une conférence de presse, organisée en ligne pour cause d'épidémie.

"Chaque mois de confinement, c'est à peu près 2 points de PIB perdu", estime Mathieu Plane, directeur adjoint de l'Observatoire français des conjonctures économiques. Il y a trois mois, la prévision de croissance du gouvernement pour 2020 était encore de 1,3%.

L'économiste avertit toutefois que "ça peut être plus au bout de plusieurs mois, avec des conséquences plus graves pour les entreprises, comme des risques de faillites". Si "l'industrie peut s'en sortir sur l'effet de décalage", avec un rattrapage de la production perdue pendant la crise, "le choc est beaucoup plus important sur les services de proximité", comme l'événementiel, les commerces, les transports, avec "des pertes sèches".

Pour l'assureur-crédit Euler Hermes, les défaillances d'entreprises, qui reculaient depuis 4 ans, vont d'ailleurs bondir de 8% cette année.

Premier indicateur économique avancé, l'indice PMI du cabinet Markit mesurant l'activité du secteur privé en France a enregistré la plus forte contraction de ses près de 22 ans d'existence, s'écroulant de 51,2 points en février à 30,2 points en mars, selon une estimation provisoire mardi.

La contraction de l'activité commence en-dessous de la limite des 50 points. Elle est également "sans précédent" pour l'ensemble de la zone euro, à 31,4 points.

- pas de "baguette magique" -

Face au coup d'arrêt brutal asséné par la pandémie à l'appareil productif, M. Le Maire a indiqué qu'il ne croyait pas à un rebond rapide en sortie de crise et a comparé la crise actuelle à la crise de 1929.

"Je ne crois pas au coup de baguette magique", a averti le ministre de l'Economie, prévoyant que "le redémarrage sera plus long" dans un certain nombre de secteurs, comme l'automobile.

"Si mi-mai on retrouve une activité normale, on ne sera pas à -5% de croissance. Mais on navigue un peu à vue face à un phénomène inédit", explique Mathieu Plane.

Autre signe du coup de frein à l'activité: quelques jours seulement après la mise en place d'un dispositif de chômage partiel visant à éviter des licenciements massifs, 730.000 salariés en bénéficiaient déjà. Et M. Le Maire a prévu que les 8,5 milliards d'euros provisionnés par l'Etat et l'Unedic, pour couvrir 15% des salariés durant deux mois, ne seraient pas suffisants.

Tandis que des tensions apparaissent sur la chaîne d'approvisionnement alimentaire, comme chez Système U, le gouvernement encourage les employeurs à verser une prime à ceux qui se rendent sur le lieu de travail.

La prime défiscalisée de 1.000 euros, mise en place après le mouvement des "gilets jaunes", pourra être versée jusqu'au 30 juin par toutes les entreprises jusqu'à 250 salariés, et plus seulement celles ayant des accords d'intéressement.

Bruno Le Maire s'est aussi déclaré favorable à "un service économique minimum, c’est-à-dire un minimum d’activité, dans notre économie de façon à ce que nous puissions rebondir le moment venu" et "que nous garantissions la sécurité d'approvisionnement dans les secteurs dont nous avons impérativement besoin dans notre vie quotidienne (électricité, eau potable, transports, alimentation, approvisionnement quotidien)".

Le gouvernement a également enclenché mardi la mise en oeuvre de la garantie d'Etat des prêts aux entreprises pour un montant pouvant atteindre jusqu'à 300 milliards d'euros, pour pallier les problèmes de trésorerie. Mais M. Le Maire a averti que ebles mauvais payeurs, qui ne respecteraient pas les délais de paiement, en seraient exclus.

Enfin, il a appelé les grandes entreprises à faire preuve de "la plus grande modération sur le versement des dividendes" aux actionnaires, à "un moment où tout l'argent doit être employé pour faire tourner votre entreprise, pour s'assurer qu'elle redémarre dans de bonnes conditions".

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