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Le gouvernement du Kosovo renversé par une motion de censure

Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, lors d'un discours au Parlement le 3 février 2020.
Le Premier ministre kosovar, Albin Kurti, lors d'un discours au Parlement le 3 février 2020. © Laura Hasani/File Photo, Reuters

La LDK, parti minoritaire dans la coalition gouvernementale d'Albin Kurti, a fait voter mercredi au Parlement kosovar une motion de censure contre sa propre équipe. Le pays se retrouve sans direction, en pleine pandémie du coronavirus.

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Moins de deux mois après son arrivée au pouvoir, le gouvernement de coalition à la tête du Kosovo a été renversé mercredi 25 mars par un vote de défiance. La motion de censure avait été présentée par le parti minoritaire dans la coalition gouvernementale dirigée par le Premier ministre, Albin Kurti, chef de la formation nationaliste de gauche Vetëvendosje, arrivé au pouvoir sur la promesse de mettre fin au règne d'élites accusées de corruption. Après une douzaine d'heures de débats, la motion de censure présentée par la LDK de centre-droit a obtenu 82 voix sur 120.

Depuis plusieurs jours, de nombreux habitants de l'ancienne province serbe où les services de santé manquent cruellement de ressources tapent sur des casseroles à leur balcon pour protester contre la crise politique. À l'ouverture de la séance, un manifestant avait bravé le couvre-feu décrété contre le covid-19 pour déployer devant le Parlement une bannière sur laquelle on pouvait lire : "La pandémie la plus dangereuse pour le Kosovo c'est la politique. Honte à vous !"

Le Premier ministre et ses soutiens se disent victimes des manœuvres du président Hashim Thaçi, ancien guérillero et figure centrale de la politique kosovare depuis la guerre d'indépendance de 1998-99. Les législatives d'octobre avaient consacré la défaite des anciens combattants indépendantistes du PDK mais le mandat du président Thaçi, leur chef, ne prend fin qu'en 2021.

Projet d'échange de territoires avec la Serbie

Albin Kurti a accusé le président d'avoir orchestré la crise politique pour garder la main sur les affaires et finaliser un projet, soutenu par les États-Unis, d'échange de territoires avec la Serbie. Ce projet verrait une modification des frontières entre le Kosovo et la Serbie, qui n'a jamais reconnu l'indépendance de son ancienne province proclamée en 2008.

Albin Kurti s'oppose catégoriquement à un tel scénario, tout comme il a refusé de se plier à d'intenses pressions de Washington pour lever totalement des taxes de 100 % infligées aux produits serbes, principal obstacle à la reprise du dialogue avec Belgrade.

Que va-t-il se passer désormais ? Selon la Constitution, le président pourrait donner à Albin Kurti ou à un représentant de la LDK un nouveau mandat pour former un gouvernement ou dissoudre le Parlement, ce qui entraînerait des élections anticipées.

Débat sur l'état d'urgence

La LDK a initié la censure de  son propre gouvernement, une première dans l'histoire de la jeune démocratie instable de 1,8 million d'habitants, pour protester contre le limogeage de l'un de ses ministres par Albin Kurti. Le ministre en question s'était dit favorable à l'état d'urgence souhaité par le président Thaçi pour lutter contre la pandémie provoquée par le Covid-19, qui a contaminé officiellement plus de 70 personnes et fait un mort.

Albin Kurti était contre une telle mesure d'exception, qui aurait conféré au "Serpent", surnom pendant la guerre de Hashim Thaçi, des pouvoirs beaucoup plus importants que son rôle cérémonial actuel.

Mardi, Paris et Berlin avaient ainsi appelé le Kosovo à renoncer au vote, jugeant que le territoire avait "besoin d'un gouvernement stable et totalement opérationnel pour faire face à la crise". L'ambassadeur des États-Unis au Kosovo se disait au contraire "heureux" de la tenue du scrutin.

Avec AFP

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