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Le coronavirus engendre une perte d'activité de 35 % en France

Une rue déserte de Montmartre, le très touristique quartier du 18e arrondissement de Paris, le 25 mars 2020.
Une rue déserte de Montmartre, le très touristique quartier du 18e arrondissement de Paris, le 25 mars 2020. © Charles Platiau, Reuters

Selon l'Insee, les mesures de confinement prises en France pour lutter contre le coronavirus entraînent une perte d'activité économique d'environ 35 %. Ces pertes s'avèrent "assez hétérogène" selon les secteurs, a estimé jeudi l'Institut national dans une note sur la situation économique.

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Les pertes d'activités économiques sont estimées à 35 %, selon une note publiée jeudi 26 mars par l'Insee. Ces pertes sont réparties de manière assez "hétérogènes" selon les secteurs, précise-t-on dans le document émis par l'Institut national de la statistique et des études économiques.  

L'établissement qui compare "le niveau d'activité de la semaine actuelle à celle que l'on aurait pu attendre d'une semaine 'normale' [sans coronavirus]", estime aussi qu'un confinement d'une durée d'un mois se traduirait par 3 points de produit intérieur brut (PIB) en moins sur un an. 

Des pertes massives dans le BTP, le tourisme et les transports  

Si le confinement devait durer deux mois, la perte de PIB serait de 6 points sur un an, ajoute l'Insee qui précise toutefois "qu'il n'est pas aisé" de faire une telle prévision. 

Pour évaluer la perte d'activité selon les secteurs, l'Insee a utilisé des données issues de remontées directes des entreprises et des fédérations professionnelles, mais aussi, de manière plus inédite, les données de consommation d'énergie, d'utilisation des transports ferroviaires ou sur les transactions par cartes bancaires. 

Ainsi, si les activités agricoles "devraient se poursuivre un peu en deçà de la normale", tout comme les industries agroalimentaires, en revanche "seule la moitié de l'activité du reste de l'industrie serait maintenue" actuellement. 

De même, la construction essuierait une perte massive de 89 %, et les services marchands d'environ 36 %, certains d'entre eux étant très affectés, comme les transports, l'hôtellerie ou la restauration, mais d'autres beaucoup moins, comme les télécommunications ou les versements de loyers immobiliers. 

Les services non marchands (éducation, garde d'enfants, activités sportives) enregistreraient un manque d'activité de 14 %. 

Un retour à la normale "pas immédiat" 

Le calcul d'une perte d'activité d'environ 35 % "semble cohérent avec les premières informations disponibles sur la situation des salariés, dont un tiers serait en activité sur le lieu habituel de travail, un tiers en télétravail et le dernier tiers en chômage partiel", précise l'Insee. 

La consommation des ménages est également actuellement inférieure d'un tiers (35 %) à sa normale, évalue encore l'institut, du fait notamment de la réduction "au minimum" de certaines dépenses, comme le textile, l'habillement, mais aussi certains biens de l'industrie manufacturière. 

L'Insee a suspendu la publication de sa prévision de croissance annuelle du fait de l'incertitude de la situation. 

L'évolution de la progression du PIB "est très étroitement liée au scénario de sortie de crise sanitaire", souligne l'Institut, ajoutant qu'"il n'est pas exclu que le retour à la normale ne soit pas immédiat". 

Avec AFP

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