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Coronavirus: face au confinement, les dividendes dans le collimateur

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Paris (AFP)

Le gouvernement français devait dévoiler vendredi un projet de loi pour encadrer le versement de dividendes par des entreprises qu'il aide à surmonter la crise du coronavirus, après des annonces de réduction ou d'annulation par une série d'entreprises mais aussi des appels syndicaux en ce sens.

Le ministre de l'Économie "Bruno Le Maire a annoncé aux partenaires sociaux qu'il remettrait une proposition au Premier ministre cet après-midi sur l'impossibilité de cumuler les demandes de reports des échéances fiscales et sociales et versement des dividendes", a indiqué l'Élysée vendredi.

Cette initiative avait été révélée quelques minutes auparavant par Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui avait indiqué à l'AFP que "normalement il devrait y avoir un projet de loi incitatif pour les entreprises qui ont reçu de l'aide et qui ne pourront pas verser de dividendes".

"Dans les entreprises où l'État est actionnaire, on va demander de ne pas verser des dividendes (...), c'est la solidarité", avait auparavant indiqué la ministre du Travail Muriel Pénicaud. Elle avait ajouté lors d'un entretien à CNEWS "comprendre la démarche de la CFDT" qui avait appelé mercredi les grands groupes français à ne pas verser de dividendes cette année.

Plusieurs grandes entreprises françaises ont déjà renoncé à verser un dividende ou, du moins, réduit le montant initialement prévu.

Mercredi, le spécialiste des affichages publicitaires JCDecaux avait annoncé renoncer à son dividende et le géant des médias Lagardère diminuer le sien.

Auparavant, l'avionneur Airbus et Tarkett, spécialiste des revêtements de sols, avaient déjà renoncé à verser le leur. La société de restauration d'autoroute Autogrill et Auchan Holdings dans la grande distribution, ont fait de même.

Le motoriste et équipementier aéronautique Safran a annulé vendredi le versement de son dividende 2019 qui devait atteindre au total un milliard d'euros.

A contrario, l'opérateur de transports Transdev, contrôlé publiquement via la Caisse des dépôts, a indiqué mardi qu'il verserait un dividende de 23 millions d'euros, soit la moitié de son bénéfice 2019, mais a précisé qu'il ne le ferait qu'après la crise du coronavirus terminée.

Le fabricant de stylos, rasoirs et briquets Bic a, lui, décidé de seulement réduire son dividende, mais de plus d'un tiers toutefois. "Le niveau d'incertitude quant à l'ampleur et la durée de la crise nécessite une réallocation du +cash flow+ de la société afin de protéger ses opérations et de renforcer ses positions concurrentielles", explique Bic vendredi.

- Pression syndicale -

Un encadrement du versement des dividendes a été largement réclamé par les organisations syndicales.

Dans une tribune publiée jeudi, 18 responsables d'organisations syndicales, associatives et environnementales parmi lesquels Philippe Martinez, Aurélie Trouvé (Attac), Jean-François Julliard (Greenpeace) et Cécile Duflot (Oxfam) avaient réclamé, "pour éviter que les salariés soient la variable d'ajustement"que "le versement des dividendes et le rachat d'actions dans les entreprises, qui ont atteint des niveaux record récemment, [soient] immédiatement suspendus et encadrés à moyen terme".

En début de semaine, les cinq organisations syndicales du géant de l'énergie Engie, dont l'État est actionnaire, avaient demandé dans une lettre à M. Le Maire que le dividende pour l'année 2019 soit entièrement affecté à l'investissement, "afin de faire face à la crise sanitaire".

Le patronat a lui accueilli favorablement la perspective d'un gel des dividendes: "notre position c'est qu'une entreprise qui demande un report (de charges), c'est qu'elle a un sérieux problème immédiat de trésorerie, donc il est logique de ne pas verser de dividendes. Donc nous comprenons cette proposition", a déclaré à l'AFP le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

La Fédération bancaire européenne a de son côté recommandé à ses membres de suspendre les dividendes et les rachats d'actions au titre de l'exercice 2020, afin de permettre aux banques de disposer du maximum de capital pour soutenir l'économie européenne face aux retombées du coronavirus.

Elle souligne toutefois qu'elle est "fermement convaincue que toute décision d'une banque cotée de suspendre son dividende 2019 à ce stade doit tenir compte de la perception des investisseurs quant à la solvabilité du secteur bancaire européen et des attentes des actionnaires".

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