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A New York, avenir sombre pour les petites entreprises face au coronavirus

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New York (AFP)

L'une après l'autre, les petites entreprises, qui font la fierté de New York, tirent leur rideau, incapables de survivre au ralentissement de l'activité économique causé par la pandémie de coronavirus.

Biscuits & Bath, chaîne spécialisée dans les soins pour chiens à Manhattan, avait maintenu certains sites ouverts au début de la crise sanitaire.

Mais vendredi, elle a décidé de fermer temporairement tous ses centres et de licencier la plupart de ses employés.

"Nous pensons que c'est le meilleur moyen pour préserver la santé de tout un chacun", explique le patron Scott Smith, dans une lettre aux clients.

Gaetano Arnone, patron du restaurant Otto Enoteca, a aussi jeté l'éponge, jugeant que la livraison à domicile des repas n'était pas suffisante pour joindre les deux bouts.

"La nuit dernière, nous avons fait 400 dollars", raconte-t-il au téléphone vendredi. "Ce n'est pas suffisant pour continuer à employer les gens et à assurer leur sécurité", lance-t-il dépité.

Biscuits & Bath et Otto incarnent la menace de disparition pesant sur les petites et moyennes entreprises à New York, où l'activité économique a été fortement ralentie en raison des mesures de confinement prises pour tenter d'endiguer le Covid-19.

Si la crise sanitaire affecte également les grandes entreprises tous secteurs confondus, les dégâts sont plus lourds chez les petites entreprises, qui n'ont pas accès facilement au crédit et ont vu leurs revenus plonger.

Le président Donald Trump vient certes de promulguer une loi portant sur un plan de relance gigantesque de plus de 2.000 milliards de dollars pour soigner l'économie malade.

De nombreux experts doutent cependant que les aides promises aux petites entreprises, sous la forme de prêts, puissent leur parvenir à temps pour les sauver de la faillite.

"Elles avaient besoin d'aide il y a deux semaines, pas aujourd'hui ou hier", estime Adam Levitin, enseignant spécialisé dans les faillites à l'université Georgetown. "Tant que nous ne saurons pas quand est-ce que le coronavirus sera endigué, il y aura trop de perturbations pour que les petites entreprises puissent retomber sur leurs pieds et retrouver une activité normale", dit-il.

- Au chômage -

Mercredi dernier, Biscuits & Bath, situé sur la 13e au sud de Manhattan, promettait encore de continuer à servir des clients.

Ce commerce était considéré comme "essentiel" parce qu'il fournit des soins aux chiens des employés des hôpitaux, des urgentistes et s'occupe aussi de promener les chiens des personnes infectées et placées sous quarantaine.

Mais deux jours plus tard, après avoir mis dans la balance les revenus, les dépenses et la détérioration des conditions de santé à New York, l'entreprise abandonne."Nous n'avions pas d'autre choix" que de fermer, assure David Maher, responsable des ventes et du marketing. Des anciens collègues ont offert d'héberger des chiens si besoin.

Le restaurant Otto Enoteca, situé dans le quartier très branché de Noho près de l'université NYU, faisait partie de l'empire de Joe Bastianich, un restaurateur américain célèbre.

Cela faisait plusieurs semaines que la fréquentation baissait. "Vous voyez les réservations chuter et chuter; quand vous regardez votre écran d'ordinateur c'est comme si vous regardiez la Bourse", dit Gaetano Arnone.

Quand New York ordonne la fermeture des restaurants sauf pour les plats à emporter, le patron, ayant déjà licencié la majorité de ses 45 employés, réduit le menu aux pâtes et pizzas - les plats "réconfortants".

Mais au bout de trois jours, il réalise que ça ne fonctionnera pas.

Sa femme vient d'être licenciée, ce qui ajoute aux soucis du couple qui bénéficiait de la couverture santé offerte par l'employeur de cette dernière, un hôtel.

Rare nouvelle positive: le propriétaire des murs de son restaurant se veut compréhensif pour le loyer.

Il prévoit de s'inscrire au chômage, afin de recevoir de possibles indemnités. Lui et sa femme vont rester confinés et envisagent de rejoindre un groupe de motards volontaires pour transporter les équipements médicaux.

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