Accéder au contenu principal

Coronavirus : évacuations de patients français vers l'Allemagne par avions militaires

Des ambulanciers transfèrent un patient sur une civière à l'hôpital Henri Mondor à Créteil, près de Paris, le 28 mars 2020.
Des ambulanciers transfèrent un patient sur une civière à l'hôpital Henri Mondor à Créteil, près de Paris, le 28 mars 2020. © Benoit Tessier, Reuters

Le gouvernement intensifie, dimanche, les évacuations sanitaires de malades souffrant du coronavirus, pour soulager les régions françaises les plus touchées par la pandémie. Plusieurs patients français ont commencé à être transférés par des moyens militaires allemands.

Publicité

Le gouvernement prépare les Français à une première quinzaine d'avril "difficile" et accélère, dimanche 29 mars, les évacuations sanitaires de malades infectés par le coronavirus, afin de soulager les régions les plus touchées.

Le bilan du Covid-19 s'est de nouveau alourdi en France, avec 319 morts supplémentaires à l'hôpital en vingt-quatre heures, portant le bilan à 2 314 décès en France depuis le début de la crise, selon les chiffres publiés samedi par le gouvernement. Sur les 37 575 cas confirmés, 17 620 patients sont hospitalisés — dont 4 273 en réanimation — et 6 624 sont rentrés chez eux.

TGV médicalisés

Pour aider les hôpitaux des régions durement frappées par la pandémie, les évacuations sanitaires s'accélèrent encore dimanche, dans le cadre de l'opération Résilience lancée par Emmanuel Macron.

Ainsi, deux TGV médicalisés ont quitté dans la matinée l'est du pays avec 36 patients en réanimation afin de désengorger les hôpitaux du Grand Est. Les deux trains sont partis simultanément de Nancy, avec 24 patients, et Mulhouse à destination de la région Nouvelle-Aquitaine.

L'embarquement de ces patients en réanimation avait débuté aux premières heures du jour dans les deux gares où des norias d'ambulances se sont succédé. Puis, des dizaines de membres du personnel soignant ont hissé à bout de bras les civières dans les trains, protégés de pied en cap par des combinaisons, des sur-blouses, des masques et des charlottes.

L'évacuation la plus importante

Cette évacuation vers une région encore relativement préservée de la pandémie de coronavirus, sera la plus importante jamais menée depuis que la vague a déferlé sur l'est de la France.

Par ailleurs, un A400M de l'armée allemande a atterri vers 12 h 20 à l'aéroport de Strasbourg pour évacuer deux malades du coronavirus vers un hôpital de Ulm, dans le sud-ouest de l'Allemagne. Il s'agit de la première évacuation de malades français effectuée par des moyens militaires allemands, indique l'AFP.

Cette évacuation a été annoncée simultanément sur une radio française par la secrétaire d'État française aux Affaires européennes, Amélie de Montchalin.

De son côté, l'armée française a effectué, samedi, trois transferts par hélicoptère, afin de décharger les services de réanimation de la région Grand Est, évacuant six patients gravement atteints du coronavirus vers des hôpitaux en Allemagne, en Suisse et en Auvergne, a déclaré dimanche l'état-major des armées.

"Augmenter immédiatement le nombre de lits de réanimation" 

Par ailleurs, 40 malades du coronavirus qui étaient hospitalisés dans les services de réanimation d'hôpitaux de Bourgogne-Franche-Comté sont en cours de transfert vers ceux de trois départements de la région Rhône-Alpes-Auvergne. 

Deux malades de Metz ont aussi été évacués, samedi, par un hélicoptère militaire vers l'Allemagne. Une nouvelle rotation vers ce pays d'un hélicoptère militaire, avec deux autres patients, sera "probablement" réalisée, dimanche, en début d'après-midi, selon François Braun.

"La solution ne peut pas être de multiplier les trains sanitaires à travers le pays qui mobilisent des moyens matériels et humains disproportionnés par rapport au nombre de malades concernés", a taclé samedi l'Association des médecins urgentistes de France. Et de lancer "un appel solennel" à la mobilisation de "l'ensemble de l'économie" pour gagner "la guerre sanitaire".

Le syndicat d'urgentistes considère que "la priorité aujourd'hui est d'augmenter immédiatement le nombre de lits de réanimation, en mobilisant l'ensemble des ressources industrielles, logistiques et humaines du pays". 

Comment protéger les Ehpad ?

La situation dans les Ehpad continue à susciter l'inquiétude, puisque les personnes âgées sont parmi les plus à risque, même si le coronavirus peut frapper les jeunes, comme l'a rappelé cette semaine la mort d'une adolescente de 16 ans. Olivier Véran a souhaité aller vers "un isolement" en chambre individuelle de chacun de leurs pensionnaires. 

Quatre résidents sont décédés ces cinq derniers jours dans un Ehpad des Vosges, dont la moitié des 116 résidents sont considérés comme des "cas suspects" de contamination par le coronavirus, ont annoncé samedi l'ARS et la préfecture. 

À propos des traitements, le ministre de la Santé a rappelé que la France et les pays voisins avaient "initié un certain nombre d'études cliniques, de protocoles de recherche pratiques sur malades dans les hôpitaux pour tester plusieurs molécules thérapeutiques porteuses d'espoir, notamment l'hydroxychloroquine, mais également des molécules antivirales, qui sont connues pour être efficaces dans d'autres types de maladies infectieuses". 

Mais, a-t-il fait remarquer, "aucune n'a fait preuve de son efficacité en France et dans le monde. Je le déplore mais c'est là, hélas, un fait". 

Avec AFP 

 

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.