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En Algérie, le correspondant de Reporters sans frontières incarcéré

Des manifestants algériens tiennent une pancarte dénonçant la répression et les arrestations du régime contre le Hirak.
Des manifestants algériens tiennent une pancarte dénonçant la répression et les arrestations du régime contre le Hirak. © Ryad Kramdi, AFP

L'ONG Reporters sans frontières a annoncé, dimanche, que son correspondant en Algérie, Khaled Drareni, proche du Hirak, avait été placé en détention préventive, en pleine pandémie de Covid-19.

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Il est l'une des figures du Hirak. Le journaliste indépendant algérien, Khaled Drareni a été incarcéré, dimanche 29 mars, en pleine pandémie de nouveau coronavirus.

Reporters sans frontières "dénonce cet acharnement sidérant contre un journaliste libre et indépendant. Nous nous battrons contre cette décision inique et arbitraire", selon le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.

"Il est en détention préventive jusqu'à ce qu'une date de procès soit fixée", a précisé à l'AFP Souhaieb Khayati, directeur du bureau de RSF pour l'Afrique du Nord.

Un journaliste proche du mouvement anti-régime

Khaled Drareni a été présenté, dimanche, devant le procureur du tribunal de Sidi M'hamed à Alger, en présence d'avocats de la défense, a précisé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), une association de soutien, sur Facebook, ajoutant qu'il était "en bonne santé et avec un bon moral".

Le journaliste, proche du "Hirak", le mouvement antirégime qui ébranle le pouvoir algérien depuis plus d'un an, avait été arrêté par la police vendredi. Il faisait l'objet d'un mandat de dépôt depuis mercredi, après l'annulation par la chambre d'accusation de la cour d'Alger d'une mesure de contrôle judiciaire, décidée après une précédente arrestation début mars.

"Le mandat de dépôt a été exécuté. Khaled Drareni a été arrêté vendredi à 22 h, emmené au commissariat et transféré, samedi, à la prison d'El Harrach à Alger en attendant le procès. Pas de date encore pour le procès", a expliqué à l'AFP Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme.

RSF a dénoncé vendredi "l'utilisation éhontée de (la maladie) Covid-19 par le régime algérien pour régler ses comptes avec le journalisme libre et indépendant".

Plusieurs organisations de défense de la liberté de la presse et des droits humains se sont élevées contre l'arrestation du journaliste, fustigeant la poursuite de la répression pendant la pandémie, alors que le "Hirak" a suspendu ses manifestations.

Khaled Drareni avait déjà été arrêté le 7 mars alors qu'il couvrait une manifestation du "Hirak" à Alger. Il est accusé "d'incitation à attroupement non armé et d'atteinte à l'intégrité du territoire national". Il est le fondateur du site internet Casbah Tribune et le correspondant en Algérie de la chaîne internationale francophone TV5 Monde.

Les journalistes sous pression judiciaire

Malgré la suspension des manifestations du "Hirak", en raison de la pandémie de nouveau coronavirus (29 morts et 454 cas déclarés officiellement en Algérie), la machine judiciaire continue de sévir : Karim Tabbou, figure du mouvement, a été condamné la semaine dernière en appel à une peine alourdie d'un an de prison ferme. D'autres figures, comme Samir Benlarbi et Slimane Hamitouche, arrêtés après la manifestation du 7 mars, sont également en détention à la prison d'El Harrach.

Sofiane Merakchi, journaliste et correspondant de la chaîne de télévision libanaise Al Mayadeen, est en détention préventive depuis le 26 septembre. Il est accusé de "recel de matériel" et de "fourniture des images des manifestations du vendredi 20 septembre (2019) à la chaîne Al Jazeera et d'autres médias étrangers". Un autre journaliste, Belkacem Djir, est incarcéré sans que les motifs de son incarcération ne soient connus.

Le ministre algérien de la Justice, Belkacem Zeghmati, a indiqué début mars qu'ils étaient tous deux poursuivis pour des "faits de droit commun", sans les préciser. 

Plusieurs dizaines de personnes restent en détention dans le cadre du mouvement de contestation, selon les organisations de défense des droits humains.

Avec AFP

 

 

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