Coronavirus en France : 418 décès en 24 heures, la plus forte hausse depuis le début de l'épidémie

La France déplore plus de 3 000 décès, dont 418 de plus en 24 heures.
La France déplore plus de 3 000 décès, dont 418 de plus en 24 heures. AFP - GAIZKA IROZ

La France a franchi lundi la barre des 3 000 décès à l'hôpital liés au coronavirus et comptabilise également sa plus forte hausse de décès en 24 heures (418 morts). Les autorités ont mis en garde contre la prise de certains traitements par automédication.

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C'est un triste record pour la France, lundi 30 mars. Le gouvernement a annoncé que la barre des 3 000 décès à l'hôpital (3 024) liés au coronavirus a été franchie. Sur les 24 dernières heures, le pays a enregistré 418 nouveaux décès, soit la plus forte augmentation sur une journée depuis le début de l'épidémie.

Le nombre total de personnes hospitalisées est désormais proche de 21 000 (+1 592 depuis dimanche), dont un très fort afflux de cas lourds en réanimation (+ 424) où sont admis à ce jour 5 056 patients.

L'Île-de-France la plus impactée

La région Île-de-France, désormais la plus touchée, s'attend à un "pic" cette semaine : au total 954 décès ont été comptabilisés dans les hôpitaux (+147) et 1 792 personnes ont été placées en réanimation (+124) ; 597 nouveaux patients ont été hospitalisés, portant leur nombre total à 7 689.

Le Grand Est, qui a été la première région fortement touchée, enregistrait lundi soir 3 950 hospitalisations, dont 844 en réanimation et 917 décès à l'hôpital.

Sur l'ensemble du territoire, parmi les cas graves, 34 % ont moins de 60 ans et 64 malades ont moins de trente ans.

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Dix millions de masques arrivés en France

"C'est assez choquant pour un soignant de voir un patient encore capable de communiquer et, deux heures après on les envoie en réa car ils manquent d'oxygène et ils commencent à tomber dans une sorte de coma", a témoigné à l'AFP un infirmier au CHU de Bordeaux. "Pour les équipes, c'est assez angoissant, ça veut dire qu'il ne faut pas qu'on passe à côté du moindre signe de dégradation."

Des cargaisons de masques en provenance de Chine continuent d'arriver en France pour faire face à cette phase encore plus difficile qui commence. 

Lundi, un avion cargo en a déposé une dizaine de millions à l'aéroport Paris-Vatry (Marne) dans le cadre du pont aérien entre la Chine et la France. Les précieux convois ont été escortés par une centaine de gendarmes vers les dépôts.

Au total, seize vols sont programmés sur cet aéroport. La France attend un milliard de masques sur 14 semaines, au rythme de deux livraisons par semaine, a indiqué le ministère de la Santé. Le pays a besoin de 40 millions de masques par semaine. Or, il n'en fabrique que 8 millions, selon le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Chloroquine et automédication

Dans cette épidémie, les soignants sont en première ligne. Un sixième médecin, un praticien hospitalier à Metz (Moselle) vient d'être fauché par le virus. "Plusieurs" autres sont en réanimation, a indiqué la direction de l'hôpital sans autres détails.

Face au Covid-19, "aucun médicament au monde n'a fait la preuve de son efficacité" a rappelé le directeur général de la Santé, le professeur Jérôme Salomon, qui a également mis en garde contre l'automédication.

En Nouvelle-Aquitaine, les autorités sanitaires ont alerté contre des comportements d'"irrationalité" poussant des malades du coronavirus à s'auto-administrer de l'hydroxychloroquine, qui peut entraîner des toxicités "fatales" comme des troubles graves du rythme cardiaque.

Cette molécule, connue comme antipaludéen, fait débat. Elle n'est autorisée à ce stade que dans les hôpitaux, et uniquement pour les cas graves.

Allant dans le même sens, l'Agence du médicament (ANSM) a averti lundi que les médicaments actuellement testés contre le Covid-19 pouvaient entraîner des "effets indésirables graves" et ne devaient "en aucun cas" être utilisés en automédication, alors que trois décès potentiellement liés à ces traitements ont été signalés.

"Une trentaine" d'effets indésirables graves, dont "trois décès" chez des patients atteints du coronavirus sont en cours d'investigation pour déterminer si ces événements sont en lien ou pas avec les traitements qui leur ont été administrés : le Plaquénil (hydroxychloroquine), mais aussi d'autres médicaments tels que le Kaletra (un antiretroviral associant lopinavir/ritonavir), a indiqué à l'AFP Dominique Martin, le directeur général de l'ANSM.

Avec AFP

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