Coronavirus : l'Italie devrait prolonger le confinement "au moins jusqu'à Pâques"

La messe du dimanche 29 mars a été célébrée en pleine rue à Rome.
La messe du dimanche 29 mars a été célébrée en pleine rue à Rome. © Tiziana Fabi, AFP

Imposé aux Italiens depuis près de trois semaines, le confinement sera "prolongé au moins jusqu'à Pâques", a annoncé lundi le ministre italien de la Santé. Plus de 11 500 personnes sont décédées du coronavirus depuis le début de l'épidémie dans le pays.

Publicité

"Lors de la réunion du Comité scientifique et technique de ce matin, il a été estimé que toutes les mesures de confinement devraient être prolongées au moins jusqu'à Pâques", a annoncé lundi 30 mars, Roberto Speranza, ministre italien de la Santé. Les fêtes de Pâques s'achèvent le lundi 13 avril, férié en Italie.

Alors que le pays est le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus et que la population est confinée depuis près de trois semaines, le ministre de la Santé a indiqué que "le gouvernement va aller dans cette direction".

L'Italie, qui a encore enregistré 812 décès dans les dernières 24 heures, lundi, enregistre néanmoins des signes encourageants sur une maîtrise prochaine de la contagion. Les autorités appellent toutefois à la prudence et à la poursuite des efforts exigés des 60 millions d'Italiens. 

Baisse des cas positifs en Lombardie

Depuis le début de la pandémie, plus de 11 500 personnes sont mortes en Italie, mais la hausse des nouveaux cas positifs annoncés lundi n'a jamais été aussi faible, avec une augmentation de +4 %, soit moitié moins qu'il y a quatre jours (8,3 %), et quatre fois moins qu'il y a quinze jours. 

Surtout, pour la première fois depuis le début de la pandémie en Italie, le nombre de personnes actuellement positives en Lombardie, région italienne la plus touchée, a baissé (25 006 contre 25 392 dimanche). Cette diminution devra cependant se répéter pour dessiner une tendance solide. 

Par ailleurs, jamais le nombre de personnes considérées comme guéries sur l'ensemble du territoire (1 590) n'a été aussi fort dans un bilan quotidien.

"Nous pouvons espérer atteindre le pic dans sept ou dix jours, puis, raisonnablement, une décrue de la contagion", a déclaré lundi matin le vice-ministre de la Santé, Pierpaolo Sileri. 

Allègement "très progressif"

Dans le quotidien La Repubblica, le patron de l'Institut supérieur de la santé, Silvio Brusaferro, a quant à lui appelé à poursuivre les efforts pour confirmer cette tendance. "Il faut respecter les mesures du gouvernement et faire très attention à l'isolement des positifs ou de leurs proches", a-t-il insisté.

Gouverneur de Lombardie, Attilio Fontana a, lui, regretté un relâchement. "Malheureusement, aujourd'hui, (...), j'ai vu plus de gens et de voitures, comme si la relative et discrète bonne nouvelle de ces derniers jours avait fait que nos concitoyens ne se sentent plus obligés de respecter les règles", a-t-il déclaré lors de son point de presse quotidien.

Son responsable de la Santé, Giulio Gallera, a surenchéri, prévenant que ces efforts devraient être maintenus "pendant de nombreux mois", car "même quand nous aurons réussi à arrêter le virus, le risque de reprise de la contagion sera très élevé".

Dans un entretien au quotidien espagnol El Pais, le Premier ministre Giuseppe Conte, a jugé "raisonnable de penser que nous sommes proches du pic" de contagion. Mais tout allègement des mesures "quand le comité scientifique dira que la courbe commence à descendre" devra être "très progressif", a-t-il prévenu. 

Avec AFP

Le résumé de la semaineFrance 24 vous propose de revenir sur les actualités qui ont marqué la semaine