Coronavirus : les petites mains des géants du commerce américain en grève pour plus de protection

Un gréviste devant l'entrepôt Amazon de Staten Island à New York, le 30 mars 2020
Un gréviste devant l'entrepôt Amazon de Staten Island à New York, le 30 mars 2020 © Reuters

Les grèves se multiplient chez les salariés des géants américains du e-commerce, notamment chez Amazon et Instacart aux États-Unis. Les travailleurs en entrepôts estiment ne pas être suffisamment protégés contre le Covid-19.

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Les salariés des plateformes américaines de distribution Amazon et Instacart se sont mis en grève lundi 30 mars, en plein confinement à New York et San Francisco. Des employés du magasin bio Whole Foods, propriété d'Amazon, les suivront à partir de mardi. Tous accusent leurs employeurs de ne pas suffisamment les protéger face au nouveau coronavirus.

"C'est difficile de fermer une entreprise pour 3/4 semaines. Mais c'est encore plus difficile de fermer pour toujours le cercueil de quelqu'un qu'on aime !!! RESTEZ CHEZ VOUS", ont brandi les dizaines de salariés d'Amazon sur leurs pancartes dressées devant l'entrepôt de Staten Island, au sud de Manhattan, où ils manifesté lundi. 

"Notre santé est juste essentielle", "Traitez vos employés comme vos clients", pouvait-on lire encore. Masque ou foulard devant la bouche pour certains, éparpillés sur le parking, éloignés les uns des autres, distanciation sociale oblige, ces travailleurs reprochent au géant américain de ne pas prendre les mesures nécessaires pour les prémunir.

"Des personnes testées positives travaillent dans ce bâtiment et transmettent (le virus) à des centaines d'autres", accuse un compte Twitter, baptisé @Shut_downAmazon, et tout juste créé.

"Ces accusations sont tout simplement infondées", a réagi Amazon. "Nous avons pris des mesures extrêmes pour assurer la sécurité des personnes, en faisant un nettoyage en profondeur trois fois plus souvent que d'habitude, en achetant les équipements de sécurité disponibles et en modifiant les procédures afin de garantir les distances de sécurité", assure le groupe.

Licenciement d'un gréviste susceptible d'avoir le Covid-19

Après la manifestation, le salarié à l'origine du rassemblement, Christian Smalls, a été officiellement licencié par Amazon. Sollicité par l'AFP, Amazon a confirmé cette décision, consécutive, selon elle, au non-respect par le salarié du confinement auquel l'entreprise lui avait demandé de s'astreindre, car il avait été en contact avec un collègue testé positif.

En participant au rassemblement de lundi, il a "mis l'équipe en danger", une attitude jugée "inacceptable" par Amazon. Le groupe a souligné que 15 personnes seulement sur les plus de 5 000 employées sur le site avaient pris part à la manifestation.

La procureure de l'État de New York, Letitia James, a réagi, qualifiant ce licenciement de "honteux" et rappelant que la loi protégeait le droit d'expression collective des salariés. Elle a indiqué étudier les voies de recours possible en justice et demandé au Conseil national du droit du travail (NLRB) d'enquêter sur les conditions de ce licenciement.

Whole Foods et Instacart en grève

Les salariés de la chaîne de magasins bio haut de gamme Whole Foods, qui appartient à Amazon, ont appelé quant à eux à une grève mardi, demandant eux aussi des mesures de sécurité renforcées, ainsi qu'une rémunération plus élevée.

Des acheteurs-livreurs de la plateforme Instacart, qui permet de commander ses courses en ligne, ont eux aussi cessé le travail lundi. Ils demandaient plus de sécurité et de meilleures conditions financières. "Les travailleurs sont furieux qu'Instacart ne fasse même pas le strict minimum pendant cette pandémie mortelle", a indiqué une porte-parole du groupe "Gig Workers Collective". 

La précarité de l'emploi pour beaucoup de travailleurs américains payés à l'heure, à la journée, ou à la course, rend beaucoup plus difficile les mesures de confinement.

Le plan de soutien à l'économie, promulgué vendredi par Donald Trump après des jours d'âpres discussions au Congrès, étend les indemnités chômage notamment aux travailleurs indépendants ou à temps partiel, et rehausse le montant maximal de l'allocation pendant quatre mois.

Avec AFP

 

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