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Coronavirus: le doyen des maires de France "en a vu d'autres"

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Bordeaux (AFP)

Sans occulter une épidémie de coronavirus qui engendre des choses "difficiles à entendre" et lui complique un peu la vie, le plus vieux maire de France -qui fête samedi ses 98 printemps- est surtout "impatient" d'en découdre au 2e tour des municipales.

Avec le confinement forcé dans son village de Saint-Seurin-sur-l'Isle (Gironde), Marcel Berthomé a perdu ses repères : ce fauteuil de maire qu'il occupe depuis près de 50 ans, son bureau tapissé de photos de généraux et de souvenirs de guerre et les contacts avec ses administrés, dont il a toujours été friand.

"Rencontrer les gens, c'est un peu tout le sens de ma vie et de ma carrière, j'ai toujours aimé ça", dit l'élu, interrogé au téléphone.

"Là je suis dans ma bibliothèque. Mais j'y ai quand même beaucoup de compagnons, de tous les siècles", glisse ce féru d'histoire et de choses militaires, en parlant de ses livres.

Bien portant pour son grand âge, Marcel Berthomé, confiné avec son épouse, s'offre de rares sorties, pour raisons médicales notamment, et télétravaille grâce au téléphone. Fixe car il n'a pas de portable. Ni d'ordinateur d'ailleurs.

"Je veille au respecte des consignes sanitaires, à la gestion du personnel, au recensement des personnes âgées", dit-il, assurant aussi qu'il garde "un oeil vigilant" sur l'Ehpad de la commune.

L'élu admet volontiers "un climat particulier", des chiffres de mortalité "frappants" mais cet ancien de la Seconde guerre mondiale, d'Indochine et d'Algérie assure avoir connu des périodes plus difficiles: "les guerres", "les combats à mort ".

"On fait ce qu'on peut pour que le confinement ne soit pas insupportable mais on en a vu d'autres!", glisse-t-il.

- "Peut-être mon âge" -

Selon M. Berthomé, aucun cas de coronavirus n'a pour l'heure été signalé à Saint-Seurin-sur-l'Isle.

Voilà près de 50 ans qu'il gère ce village de plus de 3.000 habitants situé à l'est de Bordeaux, qu'il se targue d'avoir transformé en petite cité suréquipée.

Mais le 15 mars, alors qu'il convoite un dixième mandat, coup de tonnerre: il est mis en ballotage.

"C'est peut-être mon âge, on dit qu'il faut que je me repose. Ou alors les gens pensaient que je serai élu de toute façon...", explique M. Berthomé. "Mais je ne vais pas m'arrêter là, je veux aller au bout", martèle-t-il. "J'espère franchir allègrement ce 2e tour!"

"A 98 ans, je suis aussi farouche que quand j'en avais 30", prévient cet ancien de la France Libre, parti se battre en Angleterre avant ses 20 ans et qui promet d'être "plus ferme" et "plus agressif".

Car plus que le résultat (45,6% de suffrages contre 41,2% et 13,2% pour ses deux adversaires, anciens membres de son conseil municipal), c'est "la méthode" de ces derniers qui l'a déçu.

"Bâtir sa victoire sur des mensonges et des propos qui frôlent la calomnie, ça ne fait pas un bon élu", dit-il, sans s'étendre sur ses deux opposants qui ont "changé de chemise".

"Il y a des mots qu'on ne pardonne pas", tonne-t-il, visiblement prêt à en découdre. Dès que le coronavirus le voudra bien.

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