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Virus: Le gouvernement s'explique, les transferts de malades continuent

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Paris (AFP)

Les députés s'apprêtent à questionner mercredi le gouvernement sur son action contre le coronavirus, qui continue de déborder les hôpitaux de plusieurs régions dont l'Ile-de-France qui organise les premiers transferts de patients vers la Bretagne.

Selon le dernier bilan officiel, l'épidémie a tué 3.523 personnes hospitalisées. Le nombre de patients en réanimation a, lui, plus que doublé en une semaine et atteignait mardi soir 5.565 (+458).

Manque de masques de protection, de tests, de moyens pour les hôpitaux, pénurie de médicaments, mais aussi ajustement des mesures économiques et sociales et encore critiques en imprévoyance de l'exécutif seront au menu, en relais des interrogations des Français.

Cette mission, créée la semaine dernière, a vocation à contrôler chaque semaine les mesures prises par le gouvernement.

A ce stade, les députés ne doivent pas "se tromper", prévient un ministre: "c'est un exercice d'information, de transparence" qui est "légitime", mais ne doit pas verser dans l'"empêchement de la gestion de la crise" pour le gouvernement.

"Nous nous sommes tous beaucoup trompés sur la gravité de la maladie", a reconnu sur CNews Philippe Juvin, chef des urgences à l'hôpital Georges Pompidou, également président de la fédération LR des Hauts-de-Seine.

"Une fois qu'on aura gagné la lutte, on pourra faire le bilan de pourquoi on en est arrivé là, pour faire en sorte que ça n'arrive pas de nouveau", a-t-il estimé.

Trois mois jour pour jour après la première alerte de l'Organisation mondiale de la Santé sur des pneumopathies inexpliquées en Chine, la France a enregistré mardi une nouvelle hausse record du nombre de décès dus au coronavirus avec 499 en 24 heures - soit un décès toutes les trois minutes.

Ce bilan dépasse désormais celui officiellement reconnu par la Chine (3.305) - que de nombreux experts, se basant notamment sur le nombre élevé d'urnes funéraires que les familles ont commencé à récupérer en Chine, jugent largement sous-estimé.

- Déferlement en Île-de-France -

Un tiers des décès enregistrés dans les hôpitaux en 24 heures l'ont été en Ile-de-France, sur laquelle l'épidémie déferle après avoir frappé l'Est du pays.

Pour alléger les services déjà sous pression, alors que le pic n'est pas encore là, un premier TGV médicalisé est parti de Paris peu après 11H00 avec 24 patients d'hôpitaux d'Ile-de-France en direction de la Bretagne. Un deuxième doit suivre avec 12 autres malades.

"C'est une excellente solution. Pour donner de l’oxygène aux hôpitaux parisiens il faut envoyer nos patients dans des zones où la maladie ne devrait pas arriver d'ici 2 ou 3 semaines", a estimé Philippe Juvin, jugeant la situation en Ile-de-France "extrêmement tendue".

Le transfert en TGV reste "compliqué", a rappelé mardi le Directeur général de la Santé Jérôme Salomon: les patients sont "surveillés pendant tout le trajet par une équipe de réanimation complète. C'est un processus très lourd et totalement fiable".

Depuis la première opération de ce type le 18 mars, "288 patients lourds ont été transférés vers des régions moins en tension et ce nombre est amené à progresser dans les jours et semaines qui viennent", a-t-il souligné.

Dans le Grand est, où de nombreux transferts ont eu lieu notamment vers le Luxembourg, l'Allemagne et la Suisse, le directeur de l'ARS s'est dit confiant, estimant que la région devrait connaître une diminution des hospitalisations pendant la deuxième quinzaine d'avril.

Critiqué pour le manque de protections auquel est confronté le pays, le président Emmanuel Macron s'est rendu mardi dans l'une des quatre usines françaises de masques, près d'Angers, d'où il a annoncé que la France allait accélérer la production de masques et respirateurs.

- 359.000 PV -

La France a commandé un milliard de masques livrés par un "pont aérien" avec la Chine. Une nouvelle cargaison de 12 millions de masques est attendue mercredi.

En outre, un consortium d'industriels s'est créé avec l'objectif de fabriquer d'ici mi-mai 10.000 respirateurs.

Les laboratoires de la police technique et scientifique et de la gendarmerie vont aussi être mis à contribution pour les analyses de tests.

Alors que les vacances scolaires de la Zone C ((Ile-de-France et Occitanie) commencent vendredi soir, les élèves concernés et leurs parents, confinés depuis 16 jours, ne pourront pas partir, a rappelé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner. "Tout abus sera sanctionné", a-t-il prévenu.

Les forces de l'ordre ont réalisé environ 5,8 millions de contrôles depuis le début du confinement le 17 mars et dressé 359.000 procès verbaux pour non-respect des mesures.

Difficile toutefois de se déplacer avec une offre ferroviaire réduite à 6% de sa capacité (45 TGV quotidien contre 700 d'ordinaire). L'aéroport d'Orly, fréquenté par 32 millions de passagers en 2019, a lui fermé ses portes mardi soir pour une durée indéterminée.

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