Chômage partiel: quatre millions de salariés désormais concernés, estime Pénicaud

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Paris (AFP)

Le recours au dispositif du chômage partiel a de nouveau augmenté ces dernières 24 heures et concerne désormais quatre millions de salariés dans 400.000 entreprises, a annoncé jeudi la ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

"Les chiffres de ce matin, qui sont encore en progression très forte, c'est 400.000 entreprises et quatre millions de salariés", a déclaré Mme Pénicaud sur France info.

"C'est une montée en puissance extrêmement forte. Ca veut dire qu'il y a un salarié sur cinq du secteur privé, entreprises ou associations, qui est au chômage partiel", a-t-elle poursuivi.

Mardi soir, le recours à l'activité partielle, sur laquelle mise le gouvernement pour éviter des licenciements, avait été demandé par 337.000 entreprises pour 3,6 millions de salariés.

Interrogée sur le coût de cette mesure pour les finances publiques, Mme Pénicaud n'a pas donné de chiffre mais a assuré que l'Etat paierait "coûte que coûte".

Interrogé mercredi par l'AFP, son entourage avait évoqué une dépense potentielle de 11 milliards d'euros sur trois mois. Ces dépenses seront assumées aux deux tiers par l'Etat, et à un raison d'un tiers par l'Unedic.

Sur France info, Muriel Pénicaud a par ailleurs critiqué les initiatives de certains employeurs, qui tentent de faire revenir travailler leurs salariés en leur faisant signer des décharges de responsabilité où ces derniers s'engagent à ne pas les poursuivre s'ils contactent le covid-19.

"Ca ne sert à rien, ça n'a aucune valeur juridique", a insisté la ministre, en rappelant que la responsabilité des employeurs portait de toutes façons uniquement sur les "moyens" de protection mis en place face au coronavirus.

"Un employeur n'est pas responsable si un salarié tombe malade et attrape le coronavirus, qui peut malheureusement être attrapé partout". Mais "s'il n'a pas mis en place le guide de bonnes pratiques, les gestes barrière, à ce moment là il engage sa responsabilité", a-t-elle rappelé.

"On ne va pas travailler dans n'importe quelles conditions. C'est normal et ce n'est pas nouveau", a-t-elle conclu.