Coronavirus : l’Allemagne mise sur les portables et le bluetooth pour endiguer la pandémie

Une femme portant un masque, à Berlin, dans le quartier de Kreuzberg, le 23 mars 2020.
Une femme portant un masque, à Berlin, dans le quartier de Kreuzberg, le 23 mars 2020. © David Gannon, AFP

Berlin prépare déjà la phase d’allègement de la distanciation sociale. Pour cela, le gouvernement allemand doit présenter un dispositif, dans les prochains jours, qui permettrait "d'identifier et de joindre très rapidement toutes les personnes en contact avec une personne infectée".

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L’Allemagne se prépare à franchir un pas important. Pour endiguer la pandémie de coronavirus, le gouvernement allemand doit présenter dans les prochains jours un dispositif permettant d’identifier les personnes ayant été en contact avec une personne infectée grâce à leur téléphone et au bluetooth.

Avec une politique de tests à grande échelle et un nombre de décès officiellement liés au Covid-19 contenus à ce stade à moins de 900, l'Allemagne semble pour le moment mieux faire face à la pandémie que nombre de ses voisins européens.

Elle a pu à ce jour échapper au confinement strict et généralisé mis en place en France, en Italie ou en Espagne.

Le gouvernement prépare désormais la phase suivante, avec un éventuel relâchement à partir de fin avril des mesures de distanciation sociale et de fermeture de lieux publics.

Mais, prévient le ministre de la Santé, Jens Spahn, "pour que cela soit possible, nous devons être en mesure d'identifier et de joindre très rapidement toutes les personnes en contact avec une personne infectée".

Outil inspiré par Singapour

Le gouvernement a dû reculer devant le tollé suscité mi-mars par son idée initiale d'utilisation des données. Les opérateurs de téléphonie mobile auraient dû fournir les données des quelque 46 millions d'abonnés allemands pour identifier les contacts des malades. Une mesure intolérable dans un pays marqué par la surveillance et le fichage généralisé menés par le régime nazi puis, en Allemagne de l'Est, par la Stasi.

Le gouvernement a donc revu sa copie et devrait proposer un nouveau dispositif "dans les prochains jours", selon Jens Spahn, qui fonctionnerait sur la base du volontariat.

Il s'agit d'une application qui stockerait pendant une quinzaine de jours, sans géolocalisation et en garantissant la protection des données, les interactions via bluetooth, qui transforme le téléphone en émetteur et récepteur de signaux.

Ainsi, si une personne est infectée, l'application enverra un "push" à tous ceux qu'elle aura croisés dans les deux semaines précédentes, pour les avertir d'un risque de contamination. Seuls ceux qui auraient téléchargé l'application recevraient l'avertissement qu'ils ont pu être infectés par un malade dont l'anonymat sera préservé.

Ce dispositif s'inspire notamment d'un outil numérique utilisé à Singapour, où l'épidémie de Covid-19 a été contenue malgré la densité de la population dans cette ville-État.

Il est développé par l'Institut allemand Fraunhofer Heinrich-Hertz (HHI) pour les télécommunications, qui travaille à ce projet avec l'Institut Robert-Koch, chargé de la veille épidémiologique.

Un premier test devait être mené mercredi 1er avril dans une caserne militaire berlinoise.

Avec AFP

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