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Grèce: l'hôpital de Patras débordé par une "épidémie presqu'incontrôlable"

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Patras (Grèce) (AFP)

A l'hôpital de Patras, où plusieurs pèlerins contaminés ont été admis à leur retour d'Israël, les personnels soignants sont débordés par l'afflux soudain de patients frappés par une "épidémie presqu'incontrôlable", faute de moyens dans un système hospitalier grec aux abois.

Au nord-est du Péloponnèse, l'hôpital universitaire de Patras, l'un des principaux établissements de Grèce mobilisés contre le coronavirus, a traité le premier patient mort de la pandémie dans le pays: un retraité de 66 ans qui s'était rendu en Terre sainte avec un groupe de pèlerins fin février.

"C'était un événement choquant pour nous: l'hôpital de Patras avait le premier mort de Grèce", a expliqué à l'AFP Haralambos Gogos, spécialiste des maladies infectieuses dans cet établissement.

Une cinquantaine de pèlerins du groupe sont aussi tombés malades, ils avaient tous voyagé plusieurs jours dans le même autocar en Egypte et en Israël. C'est à ce jour la plus importante contamination de groupe qu'ait connu la Grèce. Ils étaient pour la plupart originaires du Péloponnèse (sud-ouest).

"Nous avons été pris par surprise car l'épidémie était presqu'incontrôlable" a confié le Dr Gogos. "Nous rencontrons les problèmes des principaux pays européens comme l'Espagne, l'Italie, la France", dit-il.

Comme partout, il y a une pénurie de masques, de lunettes et de combinaisons de protection, a souligné Stelios Tsohatzis, vice-président de l'association des médecins hospitaliers d'Achaïe, la région où se trouve Patras.

Résultat: le quart des praticiens de l'unité pathologique de l'hôpital de Patras ont été testés positifs au coronavirus et sont en quarantaine, a-t-il rapporté.

Comme ailleurs, l'hôpital manque de tests de dépistage. Les médecins de Patras ont dû insister pour faire dépister le premier malade de retour d'Israël, a précisé Stelios Tsohatzis, vice-président de l'association des médecins hospitaliers d'Achaïe.

"A ce moment-là, les instructions officielles de l'organisme public de la santé étaient de tester (surtout) les voyageurs de Chine, Iran et Corée du Sud à leur arrivée à l'hôpital", a-t-il rapporté.

Mais en Grèce, la pandémie du coronavirus frappe de plein fouet un système de santé déjà affaibli par une décennie de crise.

Pendant les années 2010-2018, les coupes sévères dans les dépenses de santé, et la fuite à l'étranger de milliers de médecins, ont lourdement impacté le secteur public hospitalier.

A Patras, il manquait 55 médecins et 175 personnels soignants avant l'épidémie, a souligné Dimitris Ziazias, chef du conseil des médecins de la région d'Achaïe.

- Le mois d'avril sera "critique" -

Et le mois d'"avril sera encore plus difficile, mais espérons que bientôt nous verrons un repli de l'épidémie", a observé le Dr Gogos.

Pour Nikos Hardalias, vice-ministre de la Protection civile, "avril est particulièrement critique (...) la situation est encore fluide et rien n'est résolu".

A ce jour, la Grèce déplore 50 décès et 1.415 cas de contamination au coronavirus sur une population de 11 millions d'habitants.

Pour faire face à la pandémie et combler les lacunes du système de santé, le gouvernement grec a annoncé l'embauche de 4.200 médecins et infirmières ces derniers jours, dont 2.000 sont déjà déployés dans les hôpitaux du pays.

La semaine dernière, il avait fait appel aux volontaires, étudiants en médecine et retraités.

Le nombre de lits en soins intensifs a également augmenté de 54% en deux mois, à 870, selon le porte-parole du gouvernement Stelios Petsas. Et si besoin, les cliniques privées seront réquisitionnées.

- Défi "sans-précédent" -

Il était temps, a estimé Stelios Tsohatzis, selon lequel le personnel de santé fait face à un défi "sans-précédent". "Le système de santé tel qu'il était auparavant n'aurait pas pu répondre à (une crise) comme celle-là", a-t-il ajouté.

Mais la Grèce doit aussi compter sur les bonnes volontés.

En partenariat avec le ministère de la Santé, Kostis Koutrestos, imprimeur en 3D, et Simos Kokkinos, entrepreneur au chômage technique, ont fabriqué 500 visières de protection, grâce à un réseau de 400 bénévoles à travers la Grèce. Et ils ont une commande de 7.000 visières financées par des partenaires privés, selon M. Kokkinos.

La fondation Onassis a acheté 13,5 millions de masques pour le système de santé grec, pour un coût de 7,75 millions d'euros.

Et le Premier ministre grec a publiquement remercié un commerçant de vêtements de Grevena (nord) pour sa donation de 600 masques en tissu à un hôpital local.

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