Coronavirus : à Londres, un hôpital de campagne géant ouvert en urgence

Inauguration de l'hôpital de Nightingale par le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock (deuxième à droite), le 3 avril 2020 à Londres.
Inauguration de l'hôpital de Nightingale par le ministre britannique de la Santé, Matt Hancock (deuxième à droite), le 3 avril 2020 à Londres. © Tolga Akmen, AFP

Un immense hôpital de campagne provisoire a ouvert en urgence à Londres, alors que la crise sanitaire s’aggrave au Royaume-Uni, où le bilan du Covid-19 dépasse désormais les 3 500 morts.

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Un centre de conférence transformé en hôpital géant. Construit avec le concours de l'armée en seulement neuf jours, un immense hôpital de campagne vient d’ouvrir à Londres, vendredi 3 avril. Le "Nightingale", d'une capacité initiale de 500 lits, pourra atteindre à terme 4 000 lits, soit l'équivalent de dix hôpitaux classiques.

Critiqué pour avoir tardé à imposer un confinement de la population, puis pour les ratés du dépistage, le gouvernement cherche à montrer sa détermination à agir face au Covid-19. L’épidémie est en pleine expansion au Royaume-Uni, avec 684 morts supplémentaires en une journée pour un total de 3 605 morts dans le pays, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires.

Le nouvel hôpital a été inauguré par le prince Charles en vidéoconférence depuis sa résidence écossaise et par le ministre de la Santé, Matt Hancock, présent sur place. Le fils de la reine Elizabeth II a qualifié cet hôpital de campagne de "lumière éclatante dans ces temps sombres".

"C'est sans aucun doute une prouesse sur tous les plans, de la rapidité de sa construction en tout juste neuf jours au talent de ceux qui l'ont créé", a insisté l'héritier de la couronne, sorti cette semaine de quarantaine après avoir été lui-même contaminé.

Allocution d'Elizabeth II dimanche

Le palais de Buckingham a, par ailleurs, annoncé que la reine Elizabeth II s'adresserait dimanche aux habitants du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth dans une allocution télévisée liée à la pandémie du Covid-19. Il s'agit de la quatrième intervention extraordinaire d'Elizabeth II en 68 ans de règne.

Testé positif il y a une semaine, le Premier ministre Boris Johnson a quant à lui annoncé vendredi prolonger sa quarantaine au-delà des sept jours recommandés par les autorités sanitaires britanniques, car il présentait toujours de la fièvre.

Bientôt d'autres hôpitaux provisoires

Avec un personnel prévu de 16 000 soignants, l'hôpital géant de Nightingale, sans équivalent dans le pays, tente de répondre à l'accélération de la propagation du nouveau coronavirus. Il s'agit du premier d'une série d'établissements provisoires prévus au Royaume-Uni.

Il précède ainsi quatre autres établissements du même type annoncés en Angleterre, à Birmingham (centre), à Manchester (nord), Harrogat (nord) et Bristol (sud-ouest), représentant au total plus de 7 000 lits.

En Écosse, un centre de 300 lits – 1 000 lits à terme – doit lui aussi ouvrir ses portes, quand le pays de Galles prévoit 6 000 lits supplémentaires répartis dans plusieurs hôpitaux de campagne construits dans des stades ou des centres de loisirs.

L'inquiétude du personnel soignant

Si la rapidité de la construction de l'hôpital de Nightingale est impressionnante, sa gestion présente des défis. Selon des documents révélés par le Health Service Journal, ses patrons s'inquiètent déjà du nombre d'ambulances disponibles pour y transférer les patients et de la formation des équipes, pas toujours spécialisées dans les soins intensifs et qui découvriront les locaux pour la première fois.

Le gouvernement est confronté à une situation délicate dans les hôpitaux, où le personnel vit mal le manque d'équipements de protection et de tests.

À peine guéri du coronavirus, le ministre de la Santé a reconnu jeudi soir des ratés et promis d'atteindre 100 000 tests par jour d'ici la fin avril, soit dix fois plus qu'actuellement.

L'objectif est notamment de pouvoir dépister massivement le personnel soignant, dont 8 % en moyenne est à l'isolement car présentant des symptômes. Ceux qui seront testés négatifs pourraient ainsi repartir travailler et soulager les hôpitaux actuellement débordés.

À terme, quand des tests sérologiques seront disponibles, le but sera de déterminer qui est immunisé pour permettre une sortie du confinement de la population, aux effets économiques et sociaux dévastateurs.

Jeudi soir, le ministre de la Santé a évoqué l'idée de "certificats d'immunité, peut-être des bracelets". Mais plusieurs scientifiques se sont déjà dits sceptiques concernant cette idée.

L'activité du secteur privé britannique a quant à elle connu en mars un plongeon record et près d'un million de personnes ont déjà déposé des demandes d'aides sociales, malgré les mesures de soutien sans précédent adoptés par le gouvernement.

Avec AFP

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