France : une attaque au couteau fait deux morts dans la Drôme, le parquet antiterroriste saisi

Le centre-ville de Romans-sur-Isère est bouclé par la police après une attaque au couteau, le 4 avril 2020.
Le centre-ville de Romans-sur-Isère est bouclé par la police après une attaque au couteau, le 4 avril 2020. © Jeff Pachoud, AFP

Une attaque au couteau a été perpétrée samedi matin à Romans-sur-Isère, dans la Drôme par un réfugié soudanais. Ce dernier, interpellé par la police, a tué deux personnes et fait plusieurs blessés. Le parquet national antiterroriste s'est saisi de l'enquête.

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Un réfugié soudanais a attaqué au couteau, samedi 4 avril dans la matinée, plusieurs personnes dans le centre de Romans-sur-Isère (Drôme), faisant deux morts et cinq blessés avant d'être interpellé.

Le parquet national antiterroriste (PNAT) a annoncé en début de soirée dans un communiqué ouvrir une enquête notamment pour "assassinats en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroriste criminelle".

Les premiers éléments de l'enquête sur l'auteur présumé de l'attaque, Abdallah A.-O., un réfugié d'origine soudanaise né en 1987, "ont mis en évidence un parcours meurtrier déterminé de nature à troubler gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", selon le PNAT.

Le PNAT ajoute que lors d'une perquisition à son domicile ont été retrouvés "des documents manuscrits à connotation religieuse dans lesquels l'auteur des lignes se plaint notamment de vivre dans un pays de mécréants", "a priori" écrits par lui.

Christophe Castaner, qui s'est rendu sur place dans l'après-midi, avait déjà évoqué le "parcours terroriste" de l'agresseur, tout en laissant le soin aux autorités judiciaires de retenir ou pas cette qualification.

Dans un tweet, le président français, Emmanuel Macron, a réagi en promettant que "toute la lumière sera faite sur cet acte odieux".

Des victimes commerce après commerce

Armé d'un couteau, l'auteur présumé, qui habitait dans le centre-ville, "s'est rendu dans un bureau de tabac" dont il a attaqué le patron, a indiqué à l'AFP Marie-Hélène Thoraval, la maire de la commune. "Sa femme est intervenue et a été blessée aussi", a-t-elle déclaré.

L'assaillant est par la suite allé dans une boucherie. "Il a pris un couteau, en sautant par-dessus le comptoir, et a planté un client, puis est reparti en courant", relate à l'AFP Ludovic Breyton, le patron de l'établissement. "Ma femme a essayé de porter assistance à la victime, en vain."

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L'homme a ensuite poursuivi sa course dans le centre de cette ville de 35 000 habitants, attaquant des passants, notamment devant une boulangerie. "Ceux qui avaient la malchance de se trouver sur son passage ont été agressés", a ajouté la maire.

Selon un témoin, le second tué l'a été alors qu'il était sorti dans la rue pour ouvrir ses volets : Julien V. cogérait avec son père et son frère le café-théâtre La Charrette. "Tous les Romanais les connaissent", souligne Sandrine Nodon, représentante de l'association des commerçants du centre-ville.

"Parmi les cinq blessés, trois victimes grièvement atteintes sont dorénavant "parfaitement stables", a précisé l'Hôpital privé Drôme-Ardèche (HPDA). Deux sont en urgence absolue.

Un réfugié soudanais inconnu des services de police

L'auteur présumé s'appelle Abdallah A.-O., est de nationalité soudanaise et né en 1987, d'après le PNAT. Il a obtenu le statut de réfugié le 29 juin 2017 et un titre de séjour de dix ans en juillet de la même année. Il est inconnu des services de police ou de renseignement français ou européens, toujours de même source.

Il a été interpellé sans résistance très rapidement après les faits par l'une des nombreuses patrouilles de police chargées de faire respecter le confinement. "Il se trouvait à genoux sur un trottoir priant en langue arabe", d'après le PNAT.

L'homme a été placé en garde à vue, tout comme "une de ses connaissances", et n'avait pas encore été auditionné samedi soir.

Les investigations ont été confiées à la sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire, à la Direction centrale de la police judiciaire ainsi qu'à la Direction générale de la sécurité intérieure.

Soulignant qu'elle "ne savait pas" que l'auteur présumé se trouvait sur sa commune, la maire LR de Romans a demandé à "avoir le niveau d'information qu'(elle) estime légitime d'avoir".

Cette attaque intervient au moment où la France vit sous une constante menace terroriste depuis la vague d'attentats jihadistes sans précédent amorcée en 2015.

Depuis le début de l'année, la justice antiterroriste s'est saisie d'une attaque. Le 3 janvier, un jeune homme converti à l'islam et atteint de troubles psychiatriques avait attaqué au couteau dans un parc de Villejuif (Val-de-Marne) des promeneurs, faisant un mort et deux blessés, avant d'être abattu par les policiers.

En 2019, la justice antiterroriste s'était saisie de trois attaques. En plus de quatre ans, la vague d'attentats en France a fait 258 morts au total après l'attaque de samedi.

Avec AFP et Reuters

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