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Coronavirus: encore fragile, la décrue a commencé en Italie

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Rome (AFP)

Elle reste à la merci d'un relâchement des efforts mais elle est là: la décrue de la pandémie a commencé en Italie, qui reste le pays du monde le plus cruellement frappé par le Covid-19.

"La courbe a commencé sa descente" après une semaine de stabilisation "plateau", a relevé le patron de l'Institut supérieur de la Santé Silvio Brusaferro, tandis que le nombre des décès dépasse désormais les 16.000 morts.

Dimanche, un chiffre symbolique a été rendu public: avec 525 morts, l'Italie a connu les 24 heures les moins meurtrières depuis le 19 mars, soit plus de deux semaines. Samedi, c'est une baisse inédite des hospitalisations en soins intensifs qui avait été annoncée.

Au-delà des soins intensifs, "le nombre de personnes hospitalisées dans les services classiques (...) diminue" à son tour, s'est félicité le patron de la protection civile Angelo Borrelli.

"La vraie bonne nouvelle c'est qu'il y a moins de pression dans les hôpitaux les plus concernés de Lombardie. Nous ne sommes pas certains d'en être sortis, mais nous sommes moins sous pression", se félicitait samedi Massimo Galli, infectiologue à l'hôpital Sacco de Milan.

Cela fait maintenant près de quatre semaines que 60 millions d'Italiens sont interdits de rassemblement, autorisés à sortir seulement pour faire leurs courses, pour motifs de santé, promener leur chien, venir en aide à des proches en cas de nécessité ou travailler pour ceux dont l'activité est jugée essentielle.

Et cela fait aussi quatre semaines qu'ils écoutent leurs responsables égrener les mesures et les prévisions qui n'augurent rien de bon pour la troisième économie européenne: récession de 6% à condition que le pays redémarre en mai selon le patronat, perte de 40% du chiffre d'affaires des bars et hôtels du pays selon l'association des experts-comptables, distribution de bons alimentaires pour les nécessiteux...

- Livre d'histoire et manuel d'économie -

Dans une interview dimanche à la chaîne américaine NBC, le Premier ministre italien Giuseppe Conte, dont un des gardes du corps, âgée de 52 ans, a succombé samedi au coronavirus, a répété dimanche aux Européens qu'ils devaient "écrire un livre d'histoire" et non "un manuel d'économie". Il faut adopter "un plan de reconstruction et de réinvestissement", a-t-il dit, plaidant de nouveau pour des "coronabonds", une mutualisation de la dette que refusent les pays du nord de l'UE, notamment l'Allemagne et les Pays-Bas.

Tandis que l'Italie doit annoncer cette semaine de nouvelles mesures de soutien à son économie, les Etats membres de l'UE ont prévu de chercher cette semaine un accord pour une réponse commune aux défis économiques de la pandémie.

Si les chiffres épidémiologiques encourageants se répétaient, les autorités semblent décidées à faire repartir l'économie. En cas de confirmation de la tendance, il faudrait "réfléchir à la phase 2", a expliqué Silvio Brusaferro. Dans le plan de redémarrage dessiné par les autorités, elle correspond à une période de "cohabitation" avec le coronavirus avec une reprise progressive de l'activité productive.

Mais elle n'entraînerait pas un retour à la normalité quotidienne. "Il est important de maintenir les mesures qui ont fait diminuer la courbe", a prévenu Silvio Brusaferro. "Mieux nous respectons les règles, le plus tôt nous sortirons" et en cas de reprise de la pandémie, "nos efforts et nos sacrifices auront été vains", a prévenu Giuseppe Conte.

Le ministère de l'Intérieur a annoncé que 9.300 amendes pour non respect du confinement avaient été dressées samedi, le chiffre le plus élevé depuis dix jours. A l'entrée de la semaine pascale, la police prépare un plan pour faire pièce à ceux qui voudraient se rendre dans leur résidence secondaire.

Giulio Gallera, le responsable de la santé de la Lombardie, s'inquiète de la situation à Milan, jusqu'à présent moins durement frappée que ses voisines Bergame ou Brescia. Depuis dimanche, les Lombards qui sortent doivent se couvrir les voies respiratoires au moins avec un foulard ou une écharpe. "Le risque que tout reparte est réel", a prévenu le responsable.

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