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Journal de bord d'un réanimateur: "peur d'une deuxième vague"

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Paris (AFP)

Praticien dans un hôpital de la région parisienne, en première ligne pour traiter la déferlante de malades du coronavirus, un anesthésiste-réanimateur livre tous les jours pour l'AFP, sous couvert d'anonymat, le résumé de sa journée en pleine crise sanitaire.

- Lundi 6 avril -

"Les choses se calment depuis plusieurs jours, c'est certain. Il y a moins d'appels du Samu, moins de monde aux urgences. Il reste quand même beaucoup de malades graves ou qui peuvent s'aggraver dans les hôpitaux. On ne saura qu'a posteriori si le pire est passé.

On respire un peu plus. Pour autant, les équipes médicales et paramédicales restent sous pression. On ne peut pas vraiment dire que le moral s'améliore. Tout le monde sait que c'est loin d'être fini et qu'il va falloir tenir.

Évidemment, les images des rues de Paris consternent les personnels soignants. C'est pour cela que nous sommes très prudents sur l'accalmie actuelle. Ce déconfinement spontané pourrait avoir des conséquences et faire une deuxième vague. On en a peur. C'est très probable que cela va arriver.

Depuis quelques jours, des protocoles de recherche ont commencé à l'hôpital. Certains médicaments sont testés. On espère avoir des réponses rapides, pour mettre fin à toutes ces polémiques sur les médicaments miracles où chacun y va de sa théorie personnelle. Et surtout, cela donnera des réponses pour mieux soigner les patients.

On ne pense que très rarement à autre chose, y compris à la maison... Toutes les discussions tournent autour de ça. A l'hôpital, les esprits commencent à fatiguer et à s'essouffler. Certaines tensions commencent à apparaître. Il est difficile de couper dès la sortie de l'hôpital. Et surtout, dès qu'on a un moment, on essaye de dormir.

On évoque l'après-crise. Ça nous semble très lointain. On se demande combien de temps il faudra pour tout réorganiser. On ne sait pas si cela sera même possible. Il a fallu quelques jours pour créer toute cette organisation. Faire machine arrière nous apparaît, pour le moment, être un travail de titans.

J'imagine que tout le monde voudra partir en vacances. Alors même qu'on s'attend à ce que l'activité reprenne de manière explosive. On craint que les instances directoires des hôpitaux souhaitent une reprise très rapide de l'activité habituelle. Les gens risqueront de craquer à ce moment-là."

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