Coronavirus : Bruno Le Maire juge un échec de l'Eurogroupe "impensable"

Photo d'archives du ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire.
Photo d'archives du ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire. © Éric Piermont

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a exhorté, mercredi, ses homologues de la zone euro à trouver dans les 24 heures une réponse économique commune face au coronavirus. Un échec, a-t-il insisté, serait "impensable". La patronne de la BCE, Christine Lagarde, appelle de son côté les Européens à "être côte à côte".

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C'est sur un échec que s'est achevée la réunion marathon des États membres de l'Union européenne. Ces derniers n'ont pas réussi, mercredi 8 avril, à trouver une réponse économique commune face à la crise provoquée par la pandémie de coronavirus. Pointés du doigt, les Pays-Bas auraient refusé de céder aux demandes des pays du Sud.

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a estimé qu'un échec serait "impensable" et souhaité que les pays de la zone euro trouvent un accord jeudi.

"Incompréhensible"

"Je ne veux pointer du doigt personne parce que je pense que ce serait totalement inutile et parce que je crois profondément (...) que notre responsabilité politique est d'aboutir à un accord dans les 24 heures, un échec est impensable", a déclaré Bruno Le Maire lors du compte-rendu du conseil des ministres à l'Élysée. "Nous mettrons (...) tout notre poids dans cette bataille pour parvenir à un accord", a-t-il ajouté, sans désigner de responsable.

Le blocage d'une décision sur le Mécanisme européen de stabilité (MES) est "incompréhensible" et "ne peut pas durer", a déclaré dans la foulée une source à la présidence française. "Ce sujet a été bloqué par un seul pays, les Pays-Bas", a dénoncé cette source.

Les ministres proposent que le MES, créé en 2012 lors de la crise de la dette de la zone euro et financé par les États membres, puisse prêter de l'argent à un État en difficulté jusqu'à concurrence de 2 % de son PIB, soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro.

L'option est rejetée par l'Italie, pays européen le plus touché par l'épidémie (plus de 17 000 morts), tant que ces prêts s'accompagnent de conditions comme des demandes de réformes, ce qu'exige La Haye. Selon une source européenne, La Haye est soutenue par l'Autriche, la Suède, le Danemark et, dans une moindre mesure, la Finlande.

Outre l'utilisation du MES, les discussions sont restées difficiles sur la création d'un instrument pour relancer l'économie après l'épidémie.

Pression de Christine Lagarde

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a mis la pression mercredi soir sur les membres de la zone euro pour qu'ils s'entendent. "Il est vital que le volet budgétaire en réaction à cette crise soit suffisamment puissant dans l'ensemble de la zone euro. Les gouvernements doivent être côte à côte pour déployer ensemble des politiques optimales face à un choc commun dont nul n'est responsable", a-t-elle écrit dans une tribune mise en ligne par le quotidien français Le Monde.

"Un total alignement des politiques budgétaire et monétaire, et l’égalité de traitement face au virus sont le meilleur moyen de protéger notre capacité productive et l’emploi", insiste Christine Lagarde. "Si tous les pays ne se relèvent pas, les autres en pâtiront. En se montrant solidaire, on sert en fait ses propres intérêts."

Avec AFP et Reuters

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