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Coronavirus : pas d’accord économique face à la pandémie pour l’Eurogroupe

Le président de l'Eurogroupe et ministre des Finances portugais, Mario Centeno, lors d'un sommet de l'UE, à Bruxelles, le 21 juin 2019.
Le président de l'Eurogroupe et ministre des Finances portugais, Mario Centeno, lors d'un sommet de l'UE, à Bruxelles, le 21 juin 2019. © Piroschka Van De Wouw, Reuters

Après une nuit entière de discussions pour trouver une réponse économique commune, les ministres européens des Finances ne sont pas parvenus à se mettre d’accord mercredi. Les pays du Nord ne souhaitent pas accorder aux pays du Sud une mutualisation des dettes. Les négociations continuent jeudi.

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Seize heures de discussions sans consensus. "Nous nous sommes rapprochés d'un accord, mais nous n'y sommes pas encore. J'ai suspendu l'Eurogroupe", qui continuera "demain, jeudi", a annoncé mercredi 8 avril sur Twitter Mario Centeno, le président de l'Eurogroupe et ministre des Finances portugais, après une longue réunion des ministres européens des Finances.

Après une nuit entière de discussions sur une réponse économique commune face au coronavirus, les pays du Nord restent opposés à ceux du Sud, qui réclament un effort financier sans précédent.

"Mon objectif reste le même : un filet de sécurité européen solide contre les retombées du Covid-19 [pour protéger les travailleurs, les entreprises et les pays] et s'engager dans un plan de relance important", a ajouté le président de l’Eurogroupe .

"Avec [le ministre des Finances allemand] Olaf Scholz, nous appelons tous les États européens à être à la hauteur des enjeux exceptionnels pour parvenir à un accord ambitieux", a pour sa part écrit le Français Bruno Le Maire sur Twitter. 

 "Corona bonds"

Face à la pandémie, la réponse européenne à court et moyen terme doit s'orienter sur trois axes principaux, qui semblaient initialement remporter l'adhésion des ministres : jusqu'à 240 milliards d'euros de prêts du fonds de secours de la zone euro, un fonds de garantie pour les entreprises et un soutien au chômage partiel.

Mais les pays les plus affectés par le virus, en particulier l'Italie, continuent de réclamer, en plus, la création d'un instrument de dette commun destiné à relancer l'économie sur le long terme une fois la crise passée. Cet instrument prendrait la forme d'euro-obligations, parfois appelées "corona bonds" ou "eurobonds".

Parmi ces pays, figurent aussi l'Espagne et la France, ainsi que la Grèce, Malte, le Luxembourg ou l'Irlande, selon des sources concordantes. 

"Les eurobonds représentent une réponse sérieuse et adaptée", avait insisté lundi soir le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte, dont le pays est le plus touché en Europe par la crise sanitaire (plus de 17 127 morts).

L'Italie, confrontée à l'opposition des pays du Nord de l'Europe, Allemagne et Pays-Bas en tête, avait déjà, avec Madrid, entraîné l'échec du sommet consacré à la riposte de l'Union fin mars.

La mutualisation des dettes constitue une ligne rouge pour Berlin et La Haye, qui refusent de s'engager dans un emprunt commun avec des États très endettés du Sud, qu'ils jugent laxistes dans leur gestion. Le Danemark, l'Autriche, la Suède et les pays baltes sont dans leur camp, a indiqué une source européenne.   

La France propose un "fonds de relance"

La France espérait offrir un compromis, en proposant un "fonds de relance" capable d'émettre de la dette commune aux États membres, mais limité aux services publics essentiels, comme la santé, ou aux filières menacées.

Plutôt que de débattre sur un hypothétique financement commun, les pays du Nord préfèrent pour l'instant se concentrer sur les instruments déjà existants pour contrer le choc économique, en particulier le Mécanisme européen de stabilité (MES), créé en 2012 lors de la crise de la dette de la zone euro.

Le MES pourrait octroyer des prêts à un État en difficulté allant jusqu'à 2 % de son PIB – soit jusqu'à 240 milliards d'euros pour l'ensemble de la zone euro –, avec des contreparties plus limitées que celles exigées jusque-là.

Enfin, les ministres doivent aussi valider le projet de la Commission européenne visant à créer un instrument pour garantir à hauteur de 100 milliards d'euros au maximum les plans nationaux de chômage partiel, renforcés ou créés en raison de l'épidémie.  

Avec AFP

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