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Coronavirus: des psychiatres craignent une "perte de chance" pour leurs patients

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Paris (AFP)

L'épidémie de coronavirus et le confinement pourraient entraîner une "perte de chance" pour les 2,5 millions de personnes prises en charge en psychiatrie, s'alarment une centaine de médecins dans une tribune parue jeudi dans Le Parisien.

La "grande vulnérabilité" de ces malades dans le contexte épidémique "nous fait craindre une perte de chance intolérable. A l'heure où la pandémie nous frappe tous, ces personnes doivent être traitées avec la plus grande attention", plaident les signataires, qui estiment que leurs patients "restent dans l'angle mort de nos politiques publiques".

"Ceux qui étaient suivis régulièrement dans les centres de soins psychiatriques ne peuvent plus s'y rendre aujourd'hui, et risquent donc de voir leur pathologie préexistante s'aggraver", s'inquiètent les signataires.

Les patients concernés souffrent une fois et demie à deux fois plus souvent que le reste de la population de pathologies associées, comme des troubles cardiovasculaires, du diabète ou de l'hypertension, et sont donc plus vulnérables face au Covid-19, observent les auteurs de ce texte.

"En proie à des altérations de la mémoire et de la concentration, ils peuvent aussi éprouver plus de difficultés à respecter les règles de confinement et les gestes barrières", s'alarment les signataires, parmi lesquels 90 psychiatres, des psychologues, ainsi que des associations de malades.

Dans l'immédiat, les équipes de soignants ont développé "de nouvelles modalités de suivi à distance pour prévenir les décompensations psychiatriques ou le risque suicidaire", et certains hôpitaux psychiatriques se sont réorganisés, en regroupant les malades infectés par le Covid-19.

Mais à l'avenir, la psychiatrie devra continuer à "innover", notamment pour prévenir "des situations de stress post-traumatiques ou d'états dépressifs qui pourraient découler" de la crise actuelle, estiment les auteurs.

Selon eux, la psychiatrie française doit bénéficier de "plans d'urgence" et de "moyens" si elle veut pouvoir répondre "demain" à une "nouvelle situation épidémique et à ses effets négatifs en termes de santé mentale sur la population française".

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