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Coronavirus : Antonio Guterres exhorte le Conseil de sécurité de l'ONU à l'unité

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors d'un point de presse au siège de l'ONU, le 4 février 2020 à New York.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, lors d'un point de presse au siège de l'ONU, le 4 février 2020 à New York. © Angela Weiss, AFP

Le patron de l'ONU s'est exprimé jeudi devant le Conseil de sécurité qui se réunissait en visioconférence afin de discuter pour la première fois de la pandémie de Covid-19. Le consensus semble difficile à trouver, notamment à cause de tensions entre Washington et Pékin.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni, jeudi 9 avril, pour discuter pour la première fois du coronavirus, alors que l'organe chargé de maintenir la paix et la sécurité dans le monde peine à trouver un consensus en son sein à la question de savoir s'il doit engager ou non des mesures face à l'épidémie.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé à l'unité lors de cette réunion virtuelle du Conseil. "La pandémie constitue aussi une menace importante pour le maintien de la paix et de la sécurité internationales, avec le risque d'une accentuation des troubles sociaux et des violences qui nuiraient grandement à notre capacité à combattre la maladie", a déclaré Antonio Guterres aux membres du Conseil dont l'engagement, a-t-il ajouté, sera "crucial" pour atténuer l'impact sécuritaire de la pandémie. "De fait, un signal d'unité et de détermination du Conseil signifierait beaucoup en cette période d'anxiété", a-t-il poursuivi. Il s'agit "du combat d'une génération – et la raison d'être des Nations unies elles-mêmes".

La session, censée se dérouler à huis clos, s'est achevée après trois heures par un communiqué de quelques lignes des 15 membres du Conseil, se bornant à apporter leur "soutien" au chef de l'ONU.

Polémique sino-américaine

L'inaction du Conseil de sécurité face au coronavirus a été critiquée par des diplomates qui l'ont imputée aux États-Unis et à la Chine. Pékin s'est montré réticent à l'égard d'une possible implication de l'organe onusien, avançant l'idée que cela sortait du cadre de son mandat.

Au nom des États-Unis, l'ambassadrice Kelly Craft est par ailleurs revenue sur la polémique sino-américaine liée à l'origine chinoise du virus, facteur clé de la paralysie du Conseil. "Le moyen le plus efficace pour contenir cette pandémie consiste à collecter des données précises et fondées sur des données scientifiques et à analyser les origines, les caractéristiques et la propagation du virus", a-t-elle dit, selon son discours rendu public par son entourage.

L'ambassadeur de la Chine aux Nations unies a répliqué que le Conseil devait rejeter tout acte de stigmatisation ou de politisation. "Pour surmonter ce défi mondial, nous avons besoin de solidarité, coopération, soutien mutuel et entraide", a dit Zhang Jun, soulignant que chercher un "bouc émissaire" était contre-productif.

Membre non permanent, l'Allemagne, à l'origine de la convocation de la première réunion du Conseil sur le Covid-19, n'a pas mâché ses mots à l'égard des cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni). "Du Conseil de sécurité jusqu'à présent, il n'y a eu qu'un silence assourdissant", a déploré l'ambassadeur Christoph Heusgen. Il a relevé les efforts déployés par les membres permanents pour "une conclusion ou une résolution entre eux, ou pour organiser un sommet". "Mais nous devons admettre que cela n'a pas été possible jusqu'à présent."

La France a elle confirmé qu'elle consacrerait 1,2 milliard d'euros à la lutte contre la maladie en Afrique.

Deux projets de résolution

Ces dernières semaines, les membres du Conseil ont travaillé sur deux projets de résolution distincts. Le premier, initié par la Tunisie, est porté par les dix membres non permanents. Dans sa dernière version, obtenue jeudi par l'AFP, il demande "une action internationale urgente, coordonnée et unie pour limiter l'impact du Covid-19". Il prévoit aussi que "le Conseil de sécurité supervisera l'impact de la pandémie de Covid-19 sur la paix et la sécurité internationale", avec des rapports réguliers du secrétaire général "quand cela sera nécessaire". Le texte appelle enfin "à un cessez-le-feu mondial immédiat pour permettre une réponse humanitaire adéquate".

Comme en défi au groupe des membres permanents, le projet ne leur a pas été transmis et n'est négocié depuis le 30 mars qu'entre Allemagne, Belgique, République dominicaine, Indonésie, Estonie, Vietnam, Tunisie, Niger, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et Afrique du Sud. Aucun vote n'a encore été programmé.

Le deuxième projet, centré sur un soutien à une "cessation des hostilités" réclamée en mars par le patron de l'ONU et sur une "pause humanitaire", est proposé par la France. Il n'est discuté jusqu'à présent qu'entre les cinq membres permanents (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), ce qui est "très frustrant", confient sous anonymat à l'AFP plusieurs diplomates de pays membres non permanents.

Avant une négociation à 15, il faut régler les différends entre les "cinq grands", rétorque-t-on à Paris, sinon cela ne fonctionnera pas. La France a bon espoir d'organiser prochainement un sommet (par visioconférence) des dirigeants de ces cinq pays afin de résoudre les difficultés, notamment entre Pékin et Washington.

Avec Reuters et AFP

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