Coronavirus : dans les airs, en voiture, sur écran… Pâques à l’épreuve de la pandémie

Bénédiction en hélicoptère à Guayaquil, en Équateur.
Bénédiction en hélicoptère à Guayaquil, en Équateur. © Reuters

En raison de la pandémie de coronavirus, catholiques et protestants sont privés de processions et de messes traditionnelles pour la Semaine sainte. Le clergé et les fidèles tâcheront toutefois de célébrer Pâques en respectant les rites… à distance.

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C'est devant un écran que catholiques et protestants s’apprêtent, ce week-end, à fêter Pâques, la fête la plus importante du christianisme. En raison de la pandémie de coronavirus, les fidèles sont privés de processions et de messes traditionnelles depuis le début de la Semaine sainte.

Les images de la messe du Jeudi saint donnée par le pape François, le 9 avril, dans une basilique Saint-Pierre quasiment vide, sont venues témoigner du caractère exceptionnel de ces célébrations 2020.

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Contraint de respecter la "distanciation sociale", le clergé tâche toutefois de s’adapter. En France, Monseigneur Michel Aupetit, l’archevêque de Paris, a ainsi béni, jeudi, la capitale du haut de la butte Montmartre, depuis le parvis du Sacré-Cœur, où une petite poignée de fidèles seulement était venue se recueillir.

"Je voulais marquer ça tout spécialement en demandant au Seigneur de bien vouloir aider tous ceux qui se mettent au service de leurs frères. Que ce soient les soignants, les gens qui aident les autres à avoir de la nourriture, en particulier les gens en situation précaire. Et puis de bénir cette ville, et au-delà de cette ville, bien sûr, l'ensemble de la France et du monde entier puisqu'il s'agit d'une pandémie mondiale", a indiqué l’archevêque à l’issue de l’office auquel la maire de Paris, Anne Hidalgo a participé.

Bénédiction héliportée et confessionnal au parking

Plus impressionnant, en Bolivie, en Équateur ou encore au Brésil, c’est à des centaines de mètres d’altitude, depuis des hélicoptères, que des prélats bénissent les populations afin de les dissuader de se rendre eux-mêmes dans des lieux de culte. "Jamais dans l'histoire de l'Église, il n'y a eu de semaine sainte comme cette semaine à cause d’une pandémie, observe Giovanni Battista Piccioli, évêque de Guayaquil, en Équateur. Mais nous n'avons qu'à suivre les règles que le gouvernement nous a édictées : rester en quarantaine et ne pas sortir."

À l’image de ces "drive-in" mis en place dans plusieurs pays pour dépister le coronavirus, des religieux accueillent les paroissiens sur le parking de leur église transformé en confessionnal à ciel ouvert. Devant l'immense Temple de la Divine Providence, dans le sud de Varsovie, le prêtre, assis sur une chaise, chapeau de soleil et masque en tissu sur le visage, écoute un à un les pénitents venus se confesser depuis leur véhicule. "Ça ne change rien, car la confession n’est pas liée à un endroit, c'est un sacrement, explique Marcin, 44 ans, employé d’un club de sport. Il m’est déjà arrivé à de nombreuses reprises dans ma vie de me confesser à divers endroits, debout, en marchant, ou bien à genoux dans un confessionnal".

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"Beaucoup de fidèles pendant la Semaine sainte doivent se rapprocher de Dieu et ils le font à travers les célébrations que nous, les prêtres, transmettons à travers les réseaux sociaux, et cette occasion de se confesser dans leur véhicule est également un signe pour les fidèles que l'Église est avec eux", explique de son côté, Marco Antonio, prêtre mexicain qui lui aussi accueille ses fidèles à l’extérieur de son église à Acapulco.

En Espagne, qui est comme l'Italie parmi les pays les plus meurtris, la population a tiré un trait sur les célèbres processions de confréries retraçant les étapes de la Passion du Christ, une tradition populaire ancrée depuis le XVIe siècle dans ce pays.

Pour compenser, certaines confréries publient des photos des statues de processions sur les réseaux sociaux. D’autres, notamment à Séville, dans le sud de l’Espagne, décorent leur balcon ou viennent rapidement déposer des fleurs devant les églises aux portes closes.

Avec AFP

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