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D'Islande au Québec, échos et inquiétudes des musiciens confinés

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Paris (AFP)

Tournées stoppées, shows sur les réseaux, questions sur l'après Covid-19: l'Islandais Asgeir, l'Américain Son Little, le Québécois Les Louanges et le Belge Glints ouvrent pour l'AFP leur carnet de notes, musicales ou non, du confinement.

La palme du coup de stress revient à Vincent Roberge, alias Les Louanges, centrifugeuse r'n'b et hip-hop ("Expansion Pack", chez Bonsound). Mi-mars, il est en tournée en France quand le pays est mis sous cloche. "On avait peur de ne pas pouvoir prendre un avion pour le Canada et une fois atterris, on a eu peur de ne pas pouvoir entrer - on s'était frottés à beaucoup de français (rires) - mais +spoiler alert !+, pas de contrôle à notre arrivée", raconte-t-il à l'AFP. Avant de rejoindre Montréal, il s'isole toutefois une quatorzaine en chalet, par précaution.

Le moral n'est pas toujours au beau fixe. "Au niveau de ma carrière, ça n'a jamais été aussi incertain, ça fait juste deux ans que ça fonctionne, des concerts sont reportés mais d'autres ne se feront pas". Même frustration pour Glints, néerlandophone qui rappe en anglais et vient de sortir son premier album ("Choirboy", chez Pias).

"Je ne devrais pas me plaindre, c'est la loi de la nature, mais ça +nique+ mon lancement, mes finances. Bon, on verra l'été prochain", dépeint-il à l'AFP depuis Anvers.

- "Ça aura un impact" -

Son Little, orfèvre à Philadelphie d'une soul renversante, ne le cache pas à l'AFP: le report de sa tournée européenne est "dur à accepter". Rien n'aura été linéaire pour son album "Aloha" (Anti-Records). Il avait en effet perdu la première version sur son ordinateur. "Pas de malédiction dans tout ça. Ça a changé l'album dans le bon sens", philosophe celui qui a peaufiné l'emballage final avec le prisé producteur français Renaud Letang.

Asgeir, à Reykjavik, ne s'attarde pas sur l'"amertume" de sa tournée américaine repoussée pour défendre la pop-folk soyeuse de "Bury the moon" (Because). "Si je m'inquiète pour quelqu'un, c'est pour mon père, 79 ans, avec un cœur fragile" confie-t-il à l'AFP. Il voit la sortie de crise sanitaire avec optimisme pour l'Islande, toutefois: "On est un petit pays, on peut faire des tests sur tout le monde, en peu de temps, ce qui est plus difficile dans les grandes nations".

Et la musique dans tout ça? Ils continuent, avec des lives qui permettent de respecter le confinement. Asgeir passait ainsi sur Arte ce jeudi. "On va travailler sur un album acoustique pour l'hiver à venir", annonce-t-il aussi.

Glints a tout ce qu'il lui faut sous la main, dans l'ancien abattoir halal réhabilité en maison-studio, qu'il occupe avec ses amis musiciens. "On va commencer à travailler sur le 2e album", prévient-il. La pandémie l'inspirera-t-elle? "Je ne veux pas un album sur le Coronavirus, mais ça aura un impact" reconnaît celui dont le premier opus découle d'une rupture.

- "Repenser nos modes de vie" -

Son Little, lui, s'est mis "au yoga" pour échapper "à ce film d'épouvante dans le réel", mais compose "tous les jours". Tout comme Les Louanges, qui s'en étonne: "paradoxalement, je n'ai jamais été aussi +sharp+ (affuté), comme si le muscle de ma création gonflait".

Tous ont conscience d'un monde qui peut changer. "Il faut repenser radicalement à nos modes de vies, oublier la course au profit permanent", analyse Son Little. "On va davantage penser à l'environnement, là sans les voitures, on sent l'odeur des champs autour de la ville, même les fertilisants qu'ils mettent dessus (rires)", note Glints. "On peut faire des réunions de travail à distance et pour les vacances, on va explorer d'abord notre propre pays plutôt qu'aller à l'étranger", prédit Asgeir.

"Peut-être qu'on ne se tiendra plus la main, c'était pré-Covid, qu'on vivra dans une bulle en plastique, ça c'est post-Covid (rires). Ou alors virer fous et je vais embrasser tous les gens au premier show (rires)", conclut Les Louanges.

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