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Des propositions citoyennes pour un "monde d'après" Covid-19 plus respectueux pour le climat

Des citoyens de la Convention pour le climat collent leurs portraits sur la façade du Conseil économique, social et environnemental, le 5 mars 2020, à Paris.
Des citoyens de la Convention pour le climat collent leurs portraits sur la façade du Conseil économique, social et environnemental, le 5 mars 2020, à Paris. AFP - BERTRAND GUAY

Souhaitant que le "monde d’après" tienne compte des enjeux climatiques, les 150 citoyens réunis au sein de la Convention pour le climat ont envoyé cinquante propositions à Emmanuel Macron pour tenter de peser sur les orientations du futur plan de relance.

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Ne pas répéter les erreurs de 2008 et construire un nouveau modèle de société après la crise sanitaire liée à la pandémie du coronavirus : c’est le sens des 50 propositions envoyées par les 150 citoyens de la Convention pour le climat, jeudi 9 avril, au président de la République et au gouvernement.

Réunie depuis le mois d’octobre, cette Convention citoyenne pour le climat, qui a pour mission de proposer des pistes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans un esprit de justice sociale, devait rendre ses conclusions début avril. Mais la vague du Covid-19 en France puis le confinement général de la population, décrété le 17 mars, ont eu raison de son dernier week-end de travail, prévu les 3, 4 et 5 avril, qui devait permettre de valider l’ensemble de ses propositions.

Pour autant, les 150 participants veulent peser sur les choix du gouvernement qui travaille actuellement à l’élaboration du futur plan de relance économique. Pas question, pour eux, de laisser l’urgence climatique passer au second plan. Décision a donc été prise de transmettre certaines propositions, même si celles-ci n’ont pas encore été amendées et votées en assemblée plénière.

"L’économie a tendance à vouloir se sauver elle-même et on observe déjà des crispations dans le monde économique qui pourraient inciter le gouvernement à repousser à plus tard les ambitions environnementales de la France. Mais on ne veut pas que la crise serve de mauvais prétexte pour enterrer nos travaux", affirme Grégoire Fraty, membre de la Convention citoyenne, contacté par France 24.

Conscients de la nécessité de relancer l’économie à l’issue de la crise sanitaire, les membres de la Convention citoyenne pour le climat ont sélectionné 50 propositions, que France 24 a pu consulter, qui ont en commun de créer des emplois, de protéger la planète et de construire un nouveau modèle de société.

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Citons par exemple la rénovation énergétique obligatoire de 20 millions de logements, le développement massif des circuits courts dans l’alimentation avec la création de fermes municipales et de plateformes de regroupement des productions ou encore l’obligation que les subventions publiques ne servent qu’à soutenir une innovation qui s’inscrive dans une logique de sortie d’un modèle basé sur le carbone.

"La crise nous donne raison car on sent bien qu’elle est liée à la crise écologique"

"La crise nous donne raison car on sent bien qu’elle est liée à la crise écologique, estime Grégoire Fraty. Nous n’avons pas la prétention de dire au gouvernement ce qu’il doit faire, mais nous aimerions être une boussole. On parle d’investir 100 milliards d’euros dans l’économie. C’est bien, mais à condition que ce soit dans des niches vertes."

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Les membres de la Convention ont en mémoire que le plan de relance après la crise économique de 2008 avait donné lieu à des investissements dans les énergies fossiles et dans des industries néfastes à l’environnement. "La situation inédite que nous subissons aujourd’hui nous oblige à réfléchir, au contraire, à la manière de lier économie et environnement", écrivent-ils dans un communiqué.

"Les décisions actuelles doivent s’inscrire dans une démarche durable et de justice sociale qui profitera à toutes et tous et pour longtemps, sans pénaliser les plus démunis", poursuivent-ils, appelant le gouvernement à éviter des mesures d’austérité.

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Reste à savoir quelle réponse apporteront Emmanuel Macron et le gouvernement à ces propositions. "La meilleure façon d’essayer qu’il tienne compte des propositions de la Convention, c’est de construire un rapport de force. On est un certain nombre à avoir une audience publique pour relayer les messages. On essayera de le faire au mieux", affirme l’activiste environnemental Cyril Dion, par ailleurs l’un des trois garants de la Convention citoyenne, contacté par France 24.

Selon lui, les mesures radicales liées à la crise sanitaire pourraient "se reproduire de façon décuplée avec le changement climatique". "Quand on n’anticipe pas une crise alors que les scientifiques nous préviennent depuis longtemps, c’est plus difficile à gérer. Et ce sera pire avec le changement climatique."

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