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Les humanitaires s'inquiètent du premier cas de coronavirus au Yémen en guerre

Un homme porte un masque de protection dans une rue de Sanaa, capitale du Yémen, le 28 mars 2020.
Un homme porte un masque de protection dans une rue de Sanaa, capitale du Yémen, le 28 mars 2020. © Mohammed Huwais, AFP

Le Yémen, en guerre depuis 2014, a fait état vendredi de son premier cas de contamination au Covid-19, une annonce qui alarme les organisations humanitaires tandis que le cessez-le-feu unilatéral de la coalition menée par Riyad semble fragile.

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Les répercussions pourraient être catastrophiques en cas de propagation. Le Yémen, pays en proie à une grave crise humanitaire due à la guerre, a annoncé vendredi 10 avril un premier cas de contamination au Covid-19.

"Le premier cas confirmé de nouveau coronavirus a été recensé dans la province de Hadramout (sud)", a indiqué sur Twitter la commission gouvernementale sur la pandémie. La personne contaminée dans la localité de Chahr reçoit des soins médicaux et son état est stable, a précisé ce comité, dirigé par le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, reconnu par la communauté internationale. Vendredi, un couvre-feu de 24 heures a été imposé à Chahr et ses environs.

Toutes les personnes ayant été en contact avec le patient sont recherchées pour être isolées, a indiqué l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur Twitter. "Nous faisons tout ce que nous pouvons pour prévenir la propagation du virus et aider les autorités à être prêtes à soigner" des patients, a indiqué Altaf Musani, représentant de l'OMS pour le Yémen. 

Le Yémen sous-équipé

"C'est le moment que nous craignions tous, car le Yémen est sous-équipé face au virus, avec seulement la moitié des établissements de santé encore opérationnels", a déploré de son côté Xavier Joubert, directeur de l'ONG Save the Children au Yémen. Il décompte 700 lits disponibles en unité de soins intensifs et 500 ventilateurs pour une population de quelque 30 millions de personnes.

"Ce qui nous inquiète aussi, c'est (...) qu'il n'y a pas beaucoup de tests (500 disponibles actuellement) et de centres" pour les faire, a appuyé Yann Josses, coordinateur de Médecins du Monde au Yémen dans un entretien à l'AFP. "On s'attend à une catastrophe humanitaire, avec plusieurs millions de personnes infectées."

Trêve en danger

Le cessez-le-feu décrété unilatéralement à partir de jeudi par la coalition militaire menée par l'Arabie saoudite, alliée du pouvoir au Yémen, ne semblait pas tenir, des frappes aériennes ayant visé des cibles des rebelles Houthis quelques heures après son entrée en vigueur, selon des sources des belligérants.

En décrétant cette trêve avant l'annonce du premier cas au Yémen, Riyad a dit espérer qu'elle permettrait de lutter contre la maladie dans ce pays pauvre menacé également par la famine, frappé par des épidémies de dengue et choléra et qui souffre d'un système de santé en déliquescence.

Dans un communiqué vendredi soir à New York, les membres du Conseil de sécurité de l'ONU ont "salué l'annonce de l'Arabie saoudite en faveur d'un cessez-le-feu unilatéral" et "la réponse positive du gouvernement du Yémen". Ils "appellent les Houthis à décider d'engagements similaires sans retard". Ces derniers avaient rejeté la trêve jeudi, l'un de leurs responsables y voyant une "manœuvre politique et médiatique" de la coalition militaire.

Le conflit déclenché en 2014 entre pouvoir et rebelles soutenus par l'Iran, a fait des dizaines de milliers de morts, essentiellement des civils, selon des ONG, et provoqué la pire crise humanitaire au monde avec 24 millions de Yéménites dépendant des aides, d'après l'ONU.

Avec AFP

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