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Dans "l'ambulance Covid" des pompiers de Liège

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Liège (Belgique) (AFP)

Une ambulance aménagée spécialement pour le transport des malades du nouveau coronavirus: les pompiers de Liège se sont adaptés pour mieux se protéger et faciliter la désinfection de leur véhicule.

"C'est artisanal, mais ça nous protège", explique Matthieu Botton, pompier ambulancier, dans la ville belge.

Dans "l'ambulance Covid", le matériel non essentiel pour prendre en charge un patient atteint du virus a été retiré, ou rangé dans des tiroirs scellés.

Une bâche recouvre l'une des parois où se trouve le matériel qui ne sera pas utilisé, puis est disposé le brancard, puis une autre bâche, où une petite ouverture a été découpée pour que le soignant puisse surveiller son patient.

En cette veille de week-end pascal, le premier appel intervient juste avant 11h00. Un homme, résident d'une maison de repos, qui doit être hospitalisé. Matthieu Botton prend le volant pendant que son binôme enfile son équipement de protection: masque, gants, lunettes, mais aussi combinaison et charlotte, car il sera en contact direct avec le patient.

Les deux hommes vont alterner les rôles au fil des appels. Un homme de 50 ans, testé positif deux jours plus tôt, qui laisse derrière lui sa femme et ses deux enfants pour rejoindre l'hôpital après avoir senti son état se dégrader. Puis une femme de 82 ans, diabétique, dialysée, en maison de repos, qui ne se départit pas de son humour pendant le transfert: "On ne se fait pas la bise, hein!".

"Pour la prise en charge d'un patient, l'idéal c'est de se considérer nous-mêmes comme porteurs, pour garder une distanciation de deux mètres voire plus, pouvoir essayer de prendre certains paramètres à distance, demander au patient de mettre le matériel pour calculer sa saturation", explique Matthieu Botton.

Sur le brancard, le patient est enveloppé dans un drap, il doit porter un masque chirurgical, avoir les mains désinfectées et porter des gants.

De nouvelles procédures qu'il a fallu vite assimiler.

"On n'est pas beaucoup plus stressé lors de la prise en charge du patient, (mais) on est beaucoup plus prudent", assure l'ambulancier, même s'il concède qu'il est difficile, après la garde, d'arrêter de penser au contact prolongé de la journée avec des personnes contaminées. "On pense à nos proches".

Lancée il y a environ une semaine, l'ambulance Covid effectue en moyenne 8 à 10 sorties par garde, contre 15 à 20 pour une ambulance en temps normal. Il faut aussi compter le temps de nettoyage et de décontamination après chaque prise en charge, environ une heure d'huile de coude et de brumisateur spécial. Une poignée de ces véhicule a été déployée dans Liège et les communes de la province.

- Distance et secours -

A la caserne, la rampe de descente est quasi inutilisée, pour éviter toute contamination. Tous les matins à l'appel les mesures de protection sont rappelées.

"Ca change totalement notre façon de travailler, notre façon de nous protéger, notre façon d'intervenir. Ca nécessite plus de protection, plus de distance alors qu'à la base notre travail c'est d'aller secourir les gens", confie Olivier Giust, capitaine chez les pompiers de Liège.

La surcharge de travail est compensée par une baisse des interventions: un quart en moins pour les pompiers, hors ambulance, avec le confinement, et entre 30 et 40% en moins pour les ambulances, hors Covid-19.

Les débuts ont été un peu difficiles, concède le capitaine Giust, mais désormais toutes les procédures sont en place.

"On est face à un risque sur lequel on n'a jamais été habitué à travailler. Nous nous sommes beaucoup interrogés sur la façon de procéder, d'autant plus que la mesure de distance sociale, n'est pas toujours facile à respecter dans un camion dans lequel on doit avoir six pompiers", explique-t-il.

Sur un effectif total de 450 personnes dans la zone de Liège, seuls cinq ou six malades ont été confirmés.

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