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Coronavirus: pas de gros festivals, au moins jusqu'à mi-juillet

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Paris (AFP)

Pas de festival avant "mi-juillet": les grands rendez-vous culturels de l'été, à commencer par Cannes et Avignon, sont plus que jamais menacés par les mesures annoncées lundi soir par Emmanuel Macron pour lutter contre le coronavirus.

. Pas de stars sur la Croisette ?

Le 19 mars, le Festival de Cannes avait déjà tiré un trait sur ses dates initiales, du 12 au 23 mai. Les organisateurs voulaient pourtant garder espoir et travaillaient sur "plusieurs hypothèses", "dont la principale serait un simple report, à Cannes, fin juin - début juillet 2020".

Mais si on en reste là, cette manifestation attirant 40.000 professionnels et 200.000 spectateurs, la plus importante et prestigieuse dans le monde du cinéma, ne se tiendra sans doute pas cette année.

Ce ne serait pas la première fois que ce carrefour mondial du 7e art doit renoncer. L'édition de mai 1968 fut ainsi interrompue après une fronde menée par des cinéastes, Jean-Luc Godard et François Truffaut en tête, en soutien au mouvement étudiant et ouvrier. La première édition en 1939 fut elle reportée en 1946 en raison de la seconde guerre mondiale. Les cuvées 1948 et 1950 furent elles annulées pour raisons budgétaires.

Cannes, dont Spike Lee devait être président, peut-il se résumer cette année à un festival en ligne? Thierry Frémaux, délégué général, a balayé l'idée dans un entretien accordé à Variety la semaine passée: "Pour Cannes, son âme, son histoire, son impact, c'est un modèle qui ne pourrait pas marcher".

. Rideau pour Avignon ?

"On est inquiet mais on a encore de l'espoir", lâchait à l'AFP le 8 avril le directeur du Festival d'Avignon Olivier Py, dévoilant ce jour-là, en ligne, la programmation "rêvée" de l'édition 2020 (3-23 juillet).

M. Py évoquait la possibilité d'un report ou d'une forme réduite, avec la question de savoir, en cas de maintien, si le public sera tout de même au rendez-vous. Une certitude demeurait dans ses propos à l'époque: "si le déconfinement n'intervient pas dans la deuxième quinzaine du mois de mai, il sera difficile d'organiser un festival".

La Cité des Papes devient d'ordinaire chaque juillet la "capitale du théâtre", attirant 700.000 visiteurs. Il y a le Festival principal, dit le "in" mais surtout le "Off", encore plus grand (plus de 1.500 spectacles, par un millier de compagnies dans 200 théâtres de la ville).

Les retombées économiques pour Avignon sont de l'ordre de 100 millions d'euros, selon les estimations, dont 25 millions générés par le "in". Une annulation serait catastrophique pour des milliers d'artistes et de techniciens, dont de nombreux intermittents. Depuis sa création en 1947, le Festival n’a été annulé qu'une fois, en 2003, en plein conflit des intermittents.

. Musiques: Silence, on ne tourne plus ?

Les références du genre à l'étranger pour les musiques actuelles avaient donné le ton: Coachella, en Californie, est reporté en octobre, The Great Escape et Glastonbury n'auront pas lieu en 2020 au Royaume-Uni.

Depuis, les incontournables français - Eurockéennes (2-4 juillet, 128.000 spectateurs en 2019), Francofolies (10-14 juillet, 150.000), Vieilles Charrues (16-19 juillet, 270.000) ou Rock en Seine (29 août-1er septembre, 100.000) - tremblaient.

Les premiers à prendre la décision d'une année blanche furent le Printemps de Bourges (200.000 spectateurs en 2019), qui devait se tenir fin avril, puis le Hellfest (juin, 180.000 spectateurs), le Lollapalooza (juillet, 95.000 spectateurs) et Solidays (juin, 228.000 spectateurs).

Les festivals de juillet peuvent-ils reporter? Et ceux d'août ou septembre ont-ils des garanties? Rien n'est moins sûr. "Il y a les artistes américains, qui construisent leur tournée européenne en bloc de six semaines: vont-ils venir alors que leur nombre de dates s'est déjà réduit avec les premières annulations? Sans nos têtes d'affiches, la situation devient intenable", déclarait ainsi à l'AFP début avril Arnaud Meersseman, à la tête de AEG Presents France, qui a dans son portefeuille Rock en Seine.

"La crise économique nous pend au nez: les gens vont-ils dépenser 80 à 100 euros pour un festival?", s'interrogeait-il en conclusion.

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