Le Danemark, exception européenne face au Covid-19 ?

Un panneau indique aux passants le sens de la promenade autour de ce lac de Copenhague, pour limiter les risques de contagion du Covid-19, le 21 mars 2020.
Un panneau indique aux passants le sens de la promenade autour de ce lac de Copenhague, pour limiter les risques de contagion du Covid-19, le 21 mars 2020. © AFP

Relativement épargné par la pandémie de coronavirus, le Danemark amorce son déconfinement, mardi, avec le retour à l’école des enfants de moins de 11 ans. Le pays a réagi très tôt à la menace pandémique et bénéficie d’une situation géographique favorable.

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L’expérience s’apparente à un saut dans l’inconnu. Le Danemark fait partie des rares pays européens qui s’apprêtent à amorcer une forme de déconfinement. Ses écoles maternelles et primaires rouvriront à partir de mercredi 15 avril pour les enfants âgés de 0 à 11 ans.

Le pays scandinave compte 6 318 cas de contaminations et 295 décès liés au Covid-19 sur un total de 5,8 millions d’habitants, d’après le dernier bilan émis publié par l'université Johns Hopkins. Comparé à la France ou à l’Italie, il a donc été relativement épargné jusqu’ici par la pandémie de coronavirus. Sans compter que le gouvernement danois estime avoir réussi à "aplatir" durablement la courbe des contaminations.

Fermeture anticipée des frontières danoises

Face au Covid-19, le royaume scandinave a adopté très tôt une stratégie différente qui peut expliquer cette situation favorable. Le pays a fermé ses frontières dès le 13 mars, soit trois jours avant la plupart de ses voisins européens, dont la France, limitant ainsi les dégâts.

Favorisé par sa situation géographique, la péninsule danoise ne possède que deux frontières terrestres avec l’Allemagne et la Suède, deux pays présentant eux aussi de plus faibles taux de contamination au Covid-19 que les États du sud de l’Europe.

Une population disciplinée

Autre facteur ayant permis de limiter les contaminations, les Danois ont adopté très vite des comportements de distanciation sociale, sans avoir été contraints de le faire par une quelconque autorité. Ils ont commencé à s’auto-confiner, en gardant les enfants à la maison et en optant pour le télétravail, trois jours avant l’entrée en vigueur de leur confinement officiel, le 13 mars.

Le télétravail, plus développé et accepté au Danemark, a permis un déploiement plus rapide et instinctif du recours au travail à la maison dès les premiers signaux de la crise sanitaire.

Si les restaurants, les bars, les salons de coiffure et les grands centres commerciaux sont restés fermés, les petits commerces et les supermarchés ont pu rester ouverts. Les rassemblements de plus de 10 personnes ont quant à eux été interdits.

“Les autorités ont fait confiance et ça a marché : les commerces ne sont pas engorgés et la distance sociale de deux mètres est respectée, y compris dans les parcs. Même à un feu, les piétons et les cyclistes reculent d’eux-même s’ils sont trop près les uns des autres”, explique franceinfo.

Un déconfinement sous conditions

Le déconfinement reste toutefois soumis à de nombreuses restrictions émises par le gouvernement. Certes, les jeunes danois reprennent l’école, mais dans des conditions bien particulières : les enfants devront passer la plupart de leur temps à l’extérieur, dans la cour d’école, les élèves devront autant que possible jouer avec les mêmes camarades, par petits groupes de trois à cinq maximum, en classe les tables doivent être distanciée d'au moins deux mètres, et au moindre symptôme, les parents devront contenir les enfants à la maison.

Certaines municipalité danoises ont déjà annoncé qu'elles repousseraient l'ouverture des écoles, ces modalités étant très compliquées à mettre en place.

Quant aux collégiens et aux lycéens, il devront attendre le 10 mai avant de regagner les bancs de leurs établissements scolaires, a précisé la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, ajoutant que la fermeture des restaurants et des bars restera en place, elle aussi, jusqu’à la même date. Pas question non plus d'autoriser à ce stade les grands rassemblements ou les manifestations sportives et culturelles, ce sera au plus tôt en juillet ou août.

Ce déconfinement par vagues fait office de test. Le gouvernement danois promet d’observer de près les chiffres des contaminations afin d’ajuster les étapes de réouvertures ou de durcir les mesures s’il le faut.

Hormis le Danemark, d’autres pays européens moins durement touchés par le Covid-19, préfèrent maintenir leurs restrictions. En Autriche (368 morts), le gouvernement veut rouvrir les petits commerces le 14 avril, mais le pays n’envisage pas de retour à l’école pour les plus jeunes avant le 15 mai au moins. Le Portugal (534 décès) étudie une prolongation de l’état d’urgence jusqu’au 1er mai.  

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu’en dépit de certains "signes positifs", tout assouplissement reste prématuré. L’OMS alerte sur les risques d’une reprise de la pandémie car la circulation mondiale du virus, qui nécessiterait des stratégies coordonnées, est un facteur d'incertitude.   

Le gouvernement danois a déclaré qu'il faudra trois à quatre semaines pour observer les effets du déconfinement sur le pays. Des semaines qui seront surveillées de près, non seulement par le Danemark, mais aussi par le reste du monde.

Avec AFP

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