Wall Street hésite juste avant l'entrée dans la saison des résultats

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New York (AFP)

La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé lundi, reprenant son souffle avant l'entrée dans le vif d'une saison des résultats trimestriels d'entreprises qui devrait être fortement marquée par les conséquences de la pandémie sur l'activité économique.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 1,37% à 23.393,79 points et le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a perdu 1,32%, à 2.752,93 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, s'est redressé en fin de journée pour finir en hausse de 0,48% à 8.192,43 points.

Wall Street, soutenue par les mesures de soutien de la Banque centrale américaine, l'impression d'une certaine stabilisation de la pandémie de Covid-19 et la multiplication des discussions sur la sortie du confinement, avait beaucoup grimpé la semaine dernière avant un long week-end de Pâques: le Dow Jones s'était apprécié de 12,6%, le Nasdaq de 10,6% et le S&P 500 de 12,1%, ce dernier connaissant sa plus forte progression hebdomadaire depuis 1974.

Depuis le plancher atteint le 23 mars, le S&P 500 avait au total bondi de 25%.

"On est probablement allé un peu trop vite dans le rebond, et souvent pour des raisons plus techniques que fondamentales", estime Maris Ogg, gestionnaire de portefeuilles pour Tower Bridge Advisors.

"Il y a un vif débat sur le fait de savoir si on va retomber en dessous (du niveau du 23 mars) ou si on a déjà touché le fond", remarque de son côté Art Hogan de National Holdings.

"Les marchés chutent habituellement quand un problème est identifié, remontent quand la situation se stabilise et replongent quand les dégâts économiques se concrétisent", explique-t-il. "C'est ce qui s'est passé en 2008: le marché a d'abord plongé quand la banque Lehman a fait faillite, est remonté quand le programme TARP et les autres mesures de soutien à l'économie ont permis de stabiliser le système financier, et est ensuite retombé quand les dommages sur l'économie et sur les résultats d'entreprises, sont devenus évidents".

Les acteurs du marché attendent désormais la diffusion des chiffres du premier trimestre des entreprises du S&P 500, avec les banques JPMorgan Chase et Wells Fargo ainsi que le groupe pharmaceutique Johnson & Johnson dès mardi.

Selon le cabinet FactSet, les analystes s'attendent en moyenne à un recul de 10% des bénéfices des entreprises du S&P 500 au premier trimestre, qui avait plutôt bien commencé avant que le coronavirus ne paralyse l'activité économique en mars.

Pour Maris Ogg toutefois, "ce ne sont pas vraiment les chiffres qui vont importer cette fois-ci, mais de savoir comment les entreprises vont s'en tirer quand la situation reviendra à la normale, quelles sont les entreprises qui seront trop endommagées".

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette des Etats-Unis montait à 0,74% contre 0,72 à la clôture jeudi, avant que les marchés ne ferment pour les fêtes de Pâques vendredi. La plupart des Bourses européennes étaient encore fermées lundi.