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Coronavirus: le Royaume-Uni sous la menace d'une récession historique

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Londres (AFP)

Une récession historique menace le Royaume-Uni en raison de la pandémie de nouveau coronavirus, a averti mardi un institut public au moment où le gouvernement s'apprête à prolonger le confinement, sans stratégie de sortie pour l'instant.

Avec encore 778 décès supplémentaires annoncés mardi et plus de 12.000 au total dans les hôpitaux, le Royaume-Uni est l'un des pays les plus touchés en Europe. Il n'observe toujours pas de décrue permettant d'envisager rapidement un assouplissement des mesures sans précédent prises pour freiner la progression du Covid-19, qui sont très douloureuses pour l'économie.

Donnant une idée du choc attendu, un organisme public a averti d'une possible chute de 13% du produit intérieur brut (PIB) en 2020 en cas de confinement de trois mois suivi de trois mois d'assouplissement progressif.

Dans ce scénario, le PIB chuterait de 35% au deuxième trimestre par rapport au premier, avant un rebond de 25% au troisième puis de 20% au quatrième.

Le taux de chômage est quant à lui susceptible de s'envoler jusqu'à 10%, soit deux millions de chômeurs en plus, avant de retomber à 7,3% fin 2020.

Conséquence de l'arrêt de l'activité et des mesures de soutien massives adoptées pour limiter la casse, le déficit public s'envolerait à 13,9% du PIB pour l'année budgétaire 2020-2021 (qui s'achèvera en mars 2021), un record depuis la Seconde guerre mondiale, selon l'OBR.

De son côté, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une baisse moins sévère, mais sans précédent depuis un siècle, de 6,5% du PIB en 2020, avant un rebond de 4% en 2021, selon des estimations publiées mardi.

- Sans Johnson -

Ces prévisions alarmantes montrent les effets radicaux sur l'économie britannique, déjà confrontée au Brexit, du confinement décrété le 23 mars pour trois semaines initiales, alors que le gouvernement doit se prononcer jeudi sur sa prolongation.

Cette décision cruciale devrait être prise en l'absence du Premier ministre Boris Johnson, en convalescence après avoir été durement frappé par le virus et hospitalisé en soins intensifs pendant plusieurs jours.

Sans leader fort, le gouvernement se trouve en outre sous pression pour donner des indications sur sa stratégie de sortie de crise permettant d'envisager un répit économique, alors que plusieurs pays s'y préparent déjà.

La France a évoqué une levée des restrictions et une réouverture progressive des écoles à compter du 11 mai. L'Espagne a autorisé sous conditions les travailleurs à revenir dans les usines et sur les chantiers. L'Allemagne doit quant à elle se prononcer mercredi.

"La question n'est pas de choisir entre l'économie et la santé", a assuré le ministre britannique des Finances Rishi Sunak lors de la conférence de presse quotidienne du gouvernement. "A un moment où des centaines de personnes meurent tous les jours de cette terrible maladie, la priorité absolue doit être de mobiliser toutes nos ressources (...) dans un effort national pour battre le virus".

A ses côtés, un responsable des services de santé, Stephen Powis, a assuré que les bienfaits des efforts demandés "commencent à se voir" en termes de contaminations et hospitalisations, ce qui devrait se traduire par une baisse de la mortalité dans les semaines à venir. Mais "il est très important de maintenir ces mesures difficiles (...) pour venir à bout de ce virus", a-t-il ajouté.

Hors des hôpitaux, la situation des maisons de retraites, où les décès ne sont pas comptabilisés dans les bilans quotidiens, inquiète de plus en plus. Certains gestionnaires d'établissements ont fait état de centaines de morts et d'un manque cruel d'équipements de protection dans leur réseau.

Les personnes âgées sont "abandonnées comme des agneaux à un massacre", a dénoncé mardi la baronne Ros Altmann, qui défend depuis des décennies les personnes âgées et vulnérables. Dans une tribune publiée par le Daily Mail, elle évoque des "morts silencieuses cachées".

Les autorités ont assuré travailler à des statistiques plus rapides mais souligné qu'il s'agissait d'un secteur "très dispersé".

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