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Concert de désapprobations après la suspension de la contribution américaine à l'OMS

Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a donné une conférence de presse, le 11 mars à Genève.
Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l'OMS, a donné une conférence de presse, le 11 mars à Genève. © Fabrice Coffrini, AFP

Des Nations unies jusqu'à la Chine en passant par l'Europe, l'annonce par Donald Trump de la suspension de la contribution américaine à l'OMS a provoqué de nombreuses réactions négatives à travers le monde.

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Les réactions à la décision de Donald Trump de suspendre la contribution américaine à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se multiplient, mercredi 15 avril, à travers le monde.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a jugé que "ce n'était pas le moment" de réduire les ressources de l'OMS. "C'est à présent le temps pour l'unité et pour la communauté internationale de travailler ensemble et solidairement pour arrêter ce virus et ses conséquences graves", a-t-il déclaré.

"Il n'y a pas de temps à perdre. La seule préoccupation de l'OMS est d'aider tous les peuples à sauver des vies et à mettre fin à la pandémie de Covid-19", a réagi pour sa part, le directeur général de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sans toutefois mentionner explicitement la décision du président américain Donald Trump.

>> À lire : "Covid-19 : Donald Trump suspend la contribution des États-Unis à l'OMS"

De Londres à Moscou, la décision de Trump critiquée

En Europe, le chef de la diplomatie de l'UE, l'Espagnol Josep Borrell, "regrette profondément" la suspension de la contribution américaine, écrit-il sur Twitter. "Il n'y a aucune raison qui justifie cette décision à un moment où nous avons plus que jamais besoin de leurs efforts pour contenir et réduire la pandémie du coronavirus."

À Paris, la porte-parole du gouvernement français, Sibeth Ndiaye, a déclaré que la France "regrette" la décision américaine et espère "un retour à la normale" pour que l'OMS puisse poursuivre son travail.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, estime pour sa part qu'un renforcement de l'OMS est au contraire nécessaire. "Le virus ne connaît pas de frontières. Nous devons travailler en étroite collaboration contre le Covid-19. L'un des meilleurs investissements est de renforcer l'ONU, en particulier l'OMS sous-financé, par exemple pour développer et distribuer des tests et des vaccins", a-t-il déclaré sur Twitter.

Le Royaume-Uni, fidèle allié des États-Unis, dit ne pas avoir "l'intention d'arrêter de financer l'OMS, qui a un rôle important à jouer pour mener la réponse sanitaire mondiale", selon le porte-parole du Premier ministre Boris Johnson, lui-même contaminé par le virus. "Il est essentiel que les pays travaillent ensemble pour contrer cette menace commune".

La Russie a dénoncé pour sa part une "approche très égoïste" de Washington et l'a qualifiée de "très alarmante". 

Pour le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat, la décision américaine est "profondément regrettable". "Plus que jamais, le monde dépend de la capacité de leadership de l'OMS pour diriger la lutte contre la pandémie de Covid-19", a ajouté le diplomate tchadien.

La Chine "vivement préoccupée"

La Chine, de son côté, a fait part de sa "vive préoccupation" et a exhorté les États-Unis à "assumer sérieusement leurs responsabilités et leurs obligations, et à soutenir l'action internationale, contre l'épidémie, menée par l'OMS". Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a également déclaré à la presse que la décision de Donald Trump affecterait tous les pays du monde.

>> À lire aussi surFrance 24 : "Covid-19 : Andrew Cuomo, le gouverneur démocrate qui fait de l'ombre à Donald Trump"

La décision est contestée y compris aux États-Unis. Bill Gates, un des principaux bailleurs de fonds privés de l'OMS via sa fondation, a jugé la décision américaine de "dangereuse (..) pendant une crise sanitaire mondiale", estimant que "si le travail (de l'OMS) est arrêté, aucune autre organisation ne peut la remplacer, le monde a besoin de l'OMS".

Patrice Harris, président de l'American Medical Association, l'une des plus importantes associations de médecins et d'étudiants en médecine du pays, a déclaré que cette décision constituait un "dangereux pas dans la mauvaise direction qui ne facilitera[it] pas la défaite du Covid-19". Il a exhorté le président américain à reconsidérer sa décision.

L'élue démocrate Nita Lowey, qui dirige la commission de la Chambre des représentants des États-Unis fixant les dépenses du gouvernement, a estimé que Donald Trump commettait là une erreur. "Le coronavirus ne peut pas être vaincu seulement ici, aux États-Unis, il doit être vaincu partout dans le monde", a-t-elle déclaré.

Avec AFP et Reuters

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