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Covid-19 : pour Emmanuel Macron, la bithérapie proposée par Didier Raoult doit être "testée"

Le président Emmanuel Macron visite un centre de soins à Pantin, en banlieue parisienne, le 7 avril 2020
Le président Emmanuel Macron visite un centre de soins à Pantin, en banlieue parisienne, le 7 avril 2020 GONZALO FUENTES POOL/AFP/Archives

Le chef de l'État affirme, mercredi, dans un entretien exclusif accordé à RFI, que le professeur Didier Raoult est un "grand scientifique" et qu'il faut "tester" son traitement du Covid-19 à base d'hydroxychloroquine. Il revient également dans cet entretien sur le moratoire concernant la dette des pays africains.

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Son avis sur la chloroquine était attendu depuis qu'il avait rencontré le professeur marseillais Didier Raoult. Dans un entretien exclusif accordé à Radio France Internationale (RFI), le président Emmanuel Macron a qualifié Didier Raoult, mercredi 15 avril, de "grand scientifique", estimant qu'il fallait que la bithérapie concoctée par ce spécialiste des maladies infectieuses "soit testée".

"La bithérapie que propose le professeur Raoult, il faut qu'elle soit testée", a déclaré le président de la République dans un entretien enregistré et qui sera diffusé à 8 h 30 sur RFI. "Il faut qu'on avance, qu'on montre l'efficacité et qu'on mesure la toxicité". Cela tout en étant "très prudent", a poursuivi le chef de l'État.

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Emmanuel Macron a rendu une visite surprise, jeudi 9 avril, à Didier Raoult, vivement critiqué pour ses études sur le traitement du Covid-19. Ce dernier soutient que l'hydroxychloroquine – dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme – est efficace dans le traitement en bithérapie du nouveau coronavirus.

Mais ses études ne font pas l'unanimité chez les spécialistes : des épidémiologistes critiquent l'absence d'un groupe témoin recevant un placebo et un biais, des participants à l'étude ayant des formes moins graves de la maladie.

"Je suis passionné par ce qu'il dit et ce qu'il explique"

"Ce n'est pas une question de croyance, c'est une question de scientifique. Je suis convaincu que c'est un grand scientifique, et je suis passionné par ce qu'il dit et ce qu'il explique", a relevé Emmanuel Macron sur RFI. Pour le chef d'État, Didier Raoult est "vraiment une de nos plus grandes sommités en la matière".

"Mon devoir, c'est que toutes les pistes thérapeutiques aujourd'hui poursuivies puissent faire l'objet d'essais cliniques rigoureux et les plus rapides possibles pour qu'on trouve un traitement", a-t-il poursuivi. Et de souligner que son "rôle" consistait à s'assurer que la recherche du professeur Raoult "rentrait bien dans le cadre d'un protocole d'essais cliniques".

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Le professeur Raoult "nous invite à être humbles", a relevé Emmanuel Macron, "parce que lui-même dit que les choses peuvent varier selon les saisons et les géographies, et qu'un virus réagit à un écosystème".

"Le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer"

Emmanuel Macron a, par ailleurs, de nouveau affirmé qu'un moratoire sur la dette des pays africains était "une étape indispensable" pour aider le continent face au coronavirus, en attendant un effacement total de cette dette.

"Le temps de la crise, on laisse les économies africaines respirer et ne pas servir les intérêts de la dette. C'est une étape indispensable et je pense que c'est une formidable avancée", a jugé le président français, qui souhaite que ce moratoire soit acté, mercredi soir, par les ministres des Finances des pays du G20.

FR NW SOT MACRON ITW EXCLUSIF

Emmanuel Macron a également condamné les propos de certains chercheurs français ayant récemment évoqué l'Afrique comme "un terrain d'essai" pour tester un vaccin potentiel contre le coronavirus.

"J'ai été frappé que des propos inconséquents qui ont été tenus par certains chercheurs français ont blessé à juste titre nos amis africains et je veux ici les condamner avec beaucoup de force", a déclaré le chef de l'État français, faisant référence à un échange qui s'est tenu début avril sur LCI entre un chercheur de l'Institut français de la recherche médicale (Inserm) et un chef de service d'un hôpital parisien.

Cet échange, qui a suscité une vague d'indignation en France comme à l'international, a été notamment condamné par le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus qui y a vu un "héritage de la mentalité coloniale".

Avec AFP et Reuters

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