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Journal de bord d'un réanimateur: "Il faudra réhumaniser l'hôpital"

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Paris (AFP)

Praticien dans un hôpital de la région parisienne, en première ligne pour traiter la déferlante de malades du coronavirus, un anesthésiste-réanimateur livre tous les jours pour l'AFP, sous couvert d'anonymat, le résumé de sa journée en pleine crise sanitaire.

- Mardi 14 avril -

"Hier, nous avons fermé une unité Covid de l'une de nos réanimations pour la transformer en une unité standard de réanimation. Après plusieurs heures de ménage minutieux, le mur d'isolement de cette unité est tombé. Une petite victoire pour les personnels soignants. Un vent de liberté régnait.

C'est étrange mais cela fait du bien de pouvoir penser un peu à autre chose que le Covid. Il ne faut pas non plus rêver, tout n'est pas terminé. Loin de là. Le nombre de lits de réanimation occupés reste très élevé. Les malades continuent d'arriver tous les jours en réanimation. Nous sommes effectivement dans une phase de +haut plateau+. Tous les lits supplémentaires ouverts il y a plus d'un mois resteront ouverts pour l'instant, tant que nous n'aurons pas la certitude d'un réel recul de la pandémie.

Les mots d'Emmanuel Macron ont le mérite de nous donner un cap de sortie de crise. Il est probable que tout ne soit pas réglé pour nous le 11 mai. Il y a encore beaucoup d'incertitudes. Nous nous attendons à avoir cette fameuse seconde vague aux mois de mai et juin. Notre objectif est simplement d'avoir des lits de réanimation pour accueillir les patients à ce moment-là. Actuellement, ça serait impossible. Pour le reste, nous sommes comme tout le monde. On se plie à ce qui a été annoncé.

Dans les jours et les semaines à venir, nous allons nous atteler à réhumaniser l'hôpital. Dix ans, vingt ans de travaux dans ce sens ont été oubliés en l'espace de quelques jours. C'est primordial et urgent. Les patients en ont besoin. Nous avons certes un peu plus de temps pour y réfléchir. Mais c'est avant tout profondément nécessaire pour une bonne prise en charge. Les respirateurs ne suffisent plus!

Hier, la famille d'un patient s'est rendue à son chevet quelques heures avant son décès. Ils n'avaient malheureusement pas été autorisés à le voir plus tôt, lorsqu'il était encore conscient et apte à parler. Une fois de plus, la famille a trouvé la force de nous remercier alors que nous avions profondément envie de leur présenter nos excuses."

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