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Un an après l'incendie, la cathédrale Notre-Dame en lente convalescence dans un Paris confiné

Une vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris encore en travaux un an après le violent incendie qui l'a endommagé, le 11 avril 2020.
Une vue de la cathédrale Notre-Dame de Paris encore en travaux un an après le violent incendie qui l'a endommagé, le 11 avril 2020. REUTERS - CHARLES PLATIAU

Le 15 avril 2019, la cathédrale Notre-Dame de Paris était ravagée par un violent incendie. Le chantier de restauration est en sommeil en raison de la crise du coronavirus, mais le bourdon "Emmanuel" a néanmoins sonné mercredi soir, à 20 h, pour commémorer le funeste événement. 

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Il était 18 h 20, ce 15 avril 2019, quand un feu se déclare au niveau de la charpente de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Pendant près de quinze heures, l’édifice est victime d’un terrible incendie. Le monde entier a les yeux rivés sur ce chef-d’œuvre du patrimoine universel. La flèche ne résiste pas, mais le joyau gothique est toujours debout.

Un an après, le chantier, lancé juste après la catastrophe, est en pause à cause de la pandémie de coronavirus. Pour ce triste anniversaire, seul le gros bourdon "Emmanuel" de la tour Sud de Notre-Dame de Paris a sonné, mercredi 15 avril à 20 h, pour commémorer le début de l'incendie de la cathédrale.

Le général Jean-Louis Georgelin, président de l'Établissement public chargé de la restauration du joyau gothique de l'île de la Cité, "a pris la décision de faire sonner cette cloche en union avec les Français, qui applaudissent au même moment les soignants engagés contre le coronavirus", a indiqué la direction de la communication de l'Établissement public. Ce sera l’unique manifestation prévue pour l’occasion.

Un chantier en sommeil

Mi-mars, les quelque 80 ouvriers et compagnons du site (charpentiers, échafaudeurs, cordistes) ont quitté les lieux pour cause de confinement. Le délicat démantèlement de l'échafaudage détruit, 40 000 pièces de métal fondu par le feu, avec l'aide de la gigantesque grue surplombant l'édifice, est reporté.

Depuis l'incendie, les difficultés se sont accumulées, à commencer par la pollution au plomb, qui a inquiété les riverains et contraint les ouvriers à porter des combinaisons et à se doucher à la sortie du chantier.

La mairie de Paris, propriétaire des abords de la cathédrale, qui appartient quant à elle à l'État, a d'ores et déjà prévu de poser un revêtement sur le parvis. "Un sondage du 6 mars a montré une baisse drastique de la présence de plomb sur le parvis et dans les sols", a dit à Reuters Christophe Girard, adjoint à la Culture de la mairie de Paris, laquelle envisage un réaménagement complet de l'île de la Cité, où se trouvent d'autres lieux touristiques comme la Sainte-Chapelle et le palais de justice.

En attendant, la cathédrale, qui est toujours juridiquement sous le régime d'un arrêté de péril, est surveillée par une centaine de capteurs mesurant la moindre oscillation de la structure qui soutient une voûte trouée en trois endroits, sur laquelle pèse encore un amas de vestiges du toit calciné.

Le conseil d'administration de l'Établissement public chargé de la conservation et de la restauration de Notre-Dame, dirigé par le général Jean-Louis Georgelin et où siègent l'État, 'archevêché et la mairie de Paris, est en train de réévaluer le coût de l'actuelle phase de sécurisation, pour laquelle 85 millions d'euros ont pour l'instant été engagés.

Des donateurs du monde entier

Entièrement basé sur des dons, le financement de l'édifice qui accueillait environ 14 millions de visiteurs par an se fait par étapes, grâce aux 134 000 donateurs du monde entier.

"Il y a eu 901 millions d'euros de dons et de promesses de dons et 188 millions d'euros ont été encaissés", a dit à Reuters Jérémie Patrier-Leitus, directeur de la communication de l'Établissement public. "Le différentiel ne signifie pas que les donateurs voudraient se dédire mais nous procédons à des appels de fonds en fonction de besoins de financement."

Les grands donateurs, les familles Pinault, Arnault, Bettencourt, Bouygues, Michelin, les groupes Total, Axa, L'Oréal, JCDecaux entre beaucoup d'autres, ont signé des conventions ad hoc.

"Je n'ai pas l'ombre d'une inquiétude sur le fait que les engagements qui ont été pris seront tenus parce que ce sont de grandes signatures", a dit à Reuters Christophe-Charles Rousselot, délégué général de la Fondation Notre-Dame de Paris, l'une des structures recueillant les dons avec la Fondation du patrimoine et la Fondation de France, notamment.

À ses yeux, les dons vont affluer une fois le projet de reconstruction mieux défini. Très discutée après l'incendie, où les idées les plus folles ont surgi, toit végétalisé voire pourvu d'une piscine, flèche en verre , l'allure de la future cathédrale devra faire l'objet d'un "débat apaisé", dit l'entourage du général Georgelin. Malgré les lenteurs, l'objectif d'une réouverture fixée par Emmanuel Macron demeure, d'ici les Jeux olympiques de 2024.

Vendredi, l'archevêque de Paris, Mgr Michel Aupetit, avait organisé une cérémonie avec des artistes dans la cathédrale à l'occasion du Vendredi Saint, pour célébrer la signification et la beauté de l'édifice religieux. 

 

Avec AFP et Reuters

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