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Législatives en Corée du Sud : le parti au pouvoir récompensé pour sa gestion du Covid-19

Dépouillement à Séoul le 15 avril 2020.
Dépouillement à Séoul le 15 avril 2020. © Kim Hong-Ji, Reuters

Le parti du président sud-coréen Moon Jae-in a obtenu la majorité absolue à l'issue des élections législatives, selon des résultats partiels officiels. Le scrutin s'est transformé en un référendum sur sa réponse à la pandémie de coronavirus.

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Le parti au pouvoir a remporté une majorité confortable aux élections législatives en Corée du Sud, selon des résultats partiels officiels publiés jeudi 16 avril. Les électeurs ont salué la gestion de la crise du coronavirus par le président Moon Jae-in.

Avant même le dépouillement complet, dans un système électoral mélangeant scrutins majoritaire et proportionnel, le Parti démocratique du chef de l'État a décroché 163 sièges sur les 300 de l'Assemblée nationale. C'est la première fois en 12 ans qu'il obtient la majorité absolue. Sans compter les 17 sièges obtenus par un petit parti allié. La principale formation d'opposition, le Parti pour un avenir uni (conservateur), et un parti allié, ne disposent pour l'heure que de 103 sièges.

La participation a été de 66,2 %, soit le taux le plus élevé dans le pays depuis 1992.

Il y a quelques mois à peine, des scandales d'abus de pouvoir et une croissance économique atone semblaient pourtant menacer le président. Et les critiques affluaient pour son approche jugée trop accommodante à l'égard de la Corée du Nord.

"Diplomatie du coronavirus"

Le scrutin s'est transformé en un référendum sur sa réponse à l'épidémie de Covid-19, relativement rapide et efficace. La cote de popularité de Moon Jae-in, tombée à 41 % d'opinions favorables fin janvier, était à 57 % la semaine dernière, selon Gallup.

Sa "diplomatie du coronavirus", fondée sur sa communication autour de ses entretiens téléphoniques bilatéraux avec une vingtaine de chefs d'État sur la réponse à apporter à l'épidémie, a renforcé la confiance des Sud-Coréens pour leur gouvernement, avance Minseon Ku, politologue à l'unversité d'État de l'Ohio (États-Unis).

Selon elle, le président à réussi à présenter la pandémie comme une "opportunité pour la Corée du Sud de restructurer son économie - en capitalisant sur des industries comme l'IA (intelligence artificielle) et la biopharmacie". Ceci, "couplé à la reconnaissance internationale de la Corée du Sud" pour sa gestion de l'épidémie, a convaincu les électeurs.

L'élection d'un ancien diplomate nord-coréen

La majorité absolue va permettre à Moon Jae-in  d'avoir les mains libres pour la fin de son mandat unique de cinq ans, contrairement à nombre de ses prédécesseurs. 

L'opposition est pour sa part dévastée, deux de ses figures n'ayant même pas été réélues : l'ex-Premier ministre Hwang Kyo-ahn et l'ancien chef de file parlementaire Na Kyung-won.

Par ailleurs, l'ex-diplomate nord-coréen Thae Yong-ho, qui avait fait la une des journaux du monde entier en faisant défection en 2016, alors qu'il était le numéro 2 de l'ambassade de Corée du Nord en Grande-Bretagne, a été élu dans le quartier chic de Gangnam, à Séoul, sous les couleurs de l'opposition. Il sera le premier ancien responsable nord-coréen à siéger au Parlement du Sud, et n'a pas pu retenir ses larmes jeudi, en chantant l'hymne sud-coréen, quand sa victoire a été confirmée.

Une élection en pleine pandémie

Le pays d'Extrême-Orient était l'une des premières démocraties à organiser des élections nationales en pleine pandémie, dans des conditions particulières. 

La Corée du Sud était fin février le deuxième plus important foyer de contamination au monde après la Chine. Mais elle est parvenue à inverser la tendance grâce à une stratégie de dépistage massif et d'investigation poussée sur les personnes entrées en contact avec les malades.

Mercredi, Séoul a pour la septième journée d'affilée annoncé un bilan quotidien inférieur à 40 nouvelles contaminations (27 cas sur 24 heures). Au total, 11 000 personnes ont été infectées en Corée du Sud, dont 225 sont mortes.

Avec AFP

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