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Coronavirus: déconfinement encore flou, amélioration visible à Mulhouse

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Paris (AFP)

Pas de discrimination des personnes âgées: dans le casse-tête du déconfinement, Emmanuel Macron a fixé une première orientation, avant un nouvel exposé pédagogique auquel se livrera dimanche le Premier ministre Edouard Philippe, alors que l'épidémie du Covid-19 continue de frapper durement la France, avec plus de 18.000 morts.

Mercredi, le président du comité scientifique qui conseille les autorités, le Pr Jean-François Delfraissy, avait indiqué que les personnes "au-dessus de 65 ou de 70 ans" devraient rester confinées.

Niet présidentiel: "Le chef de l'Etat ne souhaite pas de discrimination entre nos concitoyens après le 11 mai" et "en appellera à la responsabilité individuelle", a indiqué l'Elysée vendredi soir.

Le 13 avril, le président Emmanuel Macron avait lui-même indiqué dans son allocution que "pour leur protection, nous demanderons aux personnes les plus vulnérables, aux personnes âgées, en situation de handicap sévère, aux personnes atteintes de maladies chroniques, de rester, même après le 11 mai, confinées, tout au moins dans un premier temps".

Mais il n'avait alors pas précisé si cette "demande" aurait un caractère obligatoire, comme le confinement actuel, ou ne serait qu'un conseil.

De fait, les seniors représentent une population à risque, alors que le Covid-19 a fait 18.681 morts dont plus de 7.000 dans les Ehpad et autres établissements médico-sociaux.

- Hôpital de campagne réduit -

Le lourd bilan de victimes du coronavirus en France, avec 761 morts de plus recensés en 24 heures, selon un décompte officiel publié vendredi, s'accompagne toutefois de signes d'espoir: pour le troisième jour consécutif, le nombre de personnes hospitalisées a baissé vendredi. Le nombre de personnes en réanimation est aussi en recul depuis neuf jours, à 6.027.

Pour autant, la France, qui disposait de 5.000 lits en réanimation avant le début de la crise, reste "à un niveau exceptionnel des besoins" sur ce plan, a rappelé le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon.

Et la multiplication des contaminations est de plus en plus alarmante sur le porte-avions Charles de Gaulle: selon un dernier bilan encore provisoire, 1.081 des marins du navire et de son escorte, près de la moitié de l'équipage, ont été testés positifs. 24 sont hospitalisés, dont l'un en réanimation, et l'origine de la contamination reste inconnue.

Dans le Grand Est en revanche, où une baisse des cas s'était déjà amorcée fin mars-début avril, les autorités ont fait état durant la semaine du 6 au 12 avril, et "pour la première fois depuis le début de l'épidémie", d'"une diminution du nombre des nouvelles hospitalisations, des admissions en réanimation et soins intensifs et des décès enregistrés en établissements de santé

Signe encourageant de cette relative accalmie, une partie de l'hôpital de campagne des armées déployé au pied de l'hôpital civil de Mulhouse pour le soulager face à l'épidémie de Covid-19 a commencé à être démontée vendredi, afin de ramener sa capacité de 30 à 20 lits en raison de l'amélioration de la situation.

Cet hôpital de campagne avait accueilli son premier patient le 24 mars, alors que les services de réanimation locaux étaient saturés.

La situation s'est depuis sensiblement améliorée dans le Haut-Rhin, l'un des principaux foyers épidémiques en France, et l'hôpital de Mulhouse prépare aujourd'hui un "plan de sortie de crise".

- Philippe et Véran attendus -

Moment attendu, Edouard Philippe et le ministre de la Santé, Olivier Véran, donneront une nouvelle conférence de presse dimanche après-midi. Mais M. Philippe, en lien quotidien avec Jean Castex, le "Monsieur déconfinement" du gouvernement, a déjà prévenu que son plan ne serait pas dévoilé avant fin avril.

"Ce sera une conférence sur ce que l'on sait à la date de dimanche, pas sur le plan de déconfinement en tant que tel: on sera davantage dans la méthode", prévient l'entourage du Premier ministre.

Outre la question des seniors, d'autres aspects du futur déconfinement sont d'ores et déjà questionnés, et notamment l'annonce de la réouverture des crèches et établissements scolaires, à l'exception de l'enseignement supérieur, alors même que les grands rassemblements resteront interdits et les bars et restaurants fermés.

"Je ne vois pas comment on peut rouvrir les écoles le 11 mai", a déclaré vendredi la maire de Lille, Martine Aubry.

En attendant, l'Assemblée nationale a adopté dans la nuit de vendredi à samedi le nouveau budget de crise, qui doit passer mardi au Sénat. Il comprend des dépenses considérablement alourdies, entre soutien aux entreprises et aide aux plus modestes.

Il porte notamment à 24 milliards d'euros les crédits destinés à financer le chômage partiel, qui concerne désormais 9 millions de salariés, plus d'un sur trois.

Car si le pays est à l'arrêt, le gouvernement s'active pour qu'il ne soit pas mis à genoux par une récession que le ministre de l'Economie annonce comme la pire depuis la seconde guerre mondiale, avec une activité économique en chute libre.

Après une demande de Bruno Le Maire en ce sens, les principales organisations de bailleurs ont appelé leurs adhérents à annuler trois mois de loyers pour les très petites entreprises qui ont dû fermer au début du confinement.

Seize fédérations de commerçants ont cependant jugé samedi cet appel à effacer certains loyers "insuffisant". "Si les signataires saluent l'avancée pour les TPE (très petites entreprises), elles dénoncent des mesures encore très largement insuffisantes et qui ne répondent pas au cri d'alarme lancées par l'ensemble des entreprises et des acteurs du commerce", écrivent-elles dans un communiqué commun.

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