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Hong Kong : vague d’arrestation de 14 leaders pro-démocratie pour les manifestations de 2019

L'ancien avocat et activiste pro-démocratie Martin Lee (au centre) parle à la presse après avoir quitté le commissariat central de Hong Kong, le 18 avril 2020.
L'ancien avocat et activiste pro-démocratie Martin Lee (au centre) parle à la presse après avoir quitté le commissariat central de Hong Kong, le 18 avril 2020. © Isaac Lawrence, AFP

La police de Hong Kong a arrêté samedi 14 leaders du mouvement pro-démocratie pour leur soutien ou leur participation aux immenses manifestations qui ont secoué l'ancienne colonie britannique en 2019.

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Quatorze leaders pro-démocratie de Hong Kong ont été arrêtés samedi 18 avril dans une opération de grande envergure. Ils avaient soutenu ou pris part aux immenses manifestations qui ont secoué ce grand centre financier.

Parmi les personnes interpellées, figure le magnat des médias Jimmy Lai, 72 ans, fondateur du journal d'opposition Apple Daily, appréhendé à son domicile.

Les parlementaires ou ex-parlementaires Martin Lee, Margaret Ng, Albert Ho, Leung Kwok-hung et Au Nok-hin, accusés d'avoir organisé et participé à des rassemblements illégaux en août et octobre 2019, ont également été arrêtés, a indiqué la police. Cinq autres personnes interpellées sont soupçonnées d'avoir promu des manifestations interdites en septembre et octobre.

Projet de loi sur les extraditions vers la Chine

"J'ai fini par être arrêté. Comment je me sens ? Je me sens très soulagé", a déclaré à la presse Martin Lee après avoir été libéré sous caution.

"Depuis tellement d'années, tellement de mois, tellement de jeunes gens ont été arrêtés et poursuivis, alors que je n'étais pas arrêté. Je le regrette", a ajouté l'avocat de 81 ans, qui avait créé le premier parti politique de Hong Kong où il est considéré comme le père de la démocratie. Il a dit ne pas regretter ses actions et être fier de soutenir la jeunesse hongkongaise dans son combat pour la démocratie.

Hong Kong avait été secouée plusieurs mois en 2019 par d'immenses manifestations parfois émaillées de violences. Elles avaient été provoquées au départ par un projet de loi – désormais abandonné – prévoyant d'autoriser les extraditions vers la Chine continentale, où les citoyens disposent de moins de droits et où le système judiciaire est bien plus opaque.

"Coup de grâce pour le concept de 'Un pays, deux systèmes' "

"Les arrestations aujourd'hui de leaders pro-démocratie à Hong Kong sont le coup de grâce pour le concept de 'Un pays, deux systèmes' ", a estimé la directrice de Human Rights Watch pour la Chine, Sophie Richardson, faisant allusion au principe qui garantit dans la ville des libertés que n'ont pas les Chinois du continent.

"Il est difficile de prévoir les prochaines initiatives de Pékin, mais il semble bien que les dirigeants de Hong Kong vont continuer de permettre des abus plutôt que de défendre les droits des habitants de Hong Kong", a-t-elle déploré.

Les rassemblements géants de 2019 dans le territoire semi-autonome ont rapidement muté en un mouvement pro-démocratie réclamant plus de libertés, qui est devenu le plus grand défi au pouvoir de Pékin depuis que l'ex-colonie britannique est repassée dans le giron chinois en 1997.

Les manifestations et les affrontements avec la police ont progressivement cessé, en partie à cause de l'épuisement et des arrestations, mais aussi de la pandémie de coronavirus.

Les dirigeants chinois ont refusé de céder aux demandes des militants pro-démocratie, telles que l'organisation d'élections libres dans la ville, une enquête sur les violences policières durant les manifestations et une amnistie pour les plus de 7 000 personnes (dont beaucoup n'ont pas 20 ans) arrêtées pendant le mouvement.

Avec AFP

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