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Coronavirus : la bulle du foot-business va-t-elle éclater ?

Kylian Mbappe (PSG) et Lukasz Piszczek (BVB) au Parc des princes, à Paris, le 11 mars 2020.
Kylian Mbappe (PSG) et Lukasz Piszczek (BVB) au Parc des princes, à Paris, le 11 mars 2020. © Pool Reuters / UEFA

Alors que les clubs risquent fortement de manquer de trésorerie cet été, les "achats" de joueurs, et notamment des pépites comme Kylian Mbappé ou Jadon Sancho, attendront. La crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait entraîner une baisse de 28 % de la valeur de transfert des joueurs des cinq grands championnats européens, passant de 32,7 à 23,4 milliards d'euros.

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La pandémie de coronavirus précipite-t-elle l'éclatement de la bulle dans le foot-business ? "Oui", estiment les experts interrogés par l'AFP, mais seulement "à court terme" s'il n'y a pas la mise en place d'une "régulation" pour encadrer l'inflation à l'œuvre lors de la dernière décennie.

Le prochain "transfert du siècle" attendra encore. Faute d'acheteurs, les pépites Kylian Mbappé (21 ans), Jadon Sancho (20 ans) ou Erling Haaland (19 ans), principaux candidats pour battre le record de Neymar (222 millions d'euros en 2017), risquent de rester cet été à Paris et à Dortmund... À moins d'une improbable transaction au rabais !

>> À lire : Coronavirus : la Fifa recommande aux clubs de foot des accords sur les salaires et les contrats

"Pour une raison simple : les clubs auront de gros problèmes de trésorerie. Avec l'incertitude sur les droits TV et les revenus sponsoring, cela va devenir très compliqué de s'engager sur des achats très importants, notamment en Angleterre et en Espagne, championnats qui ont tiré le marché ces dernières années", explique à l'AFP Jean-Pascal Gayant, économiste du sport.

"Tous les pays sont touchés"

"Payer 100 millions d'euros pour un joueur la saison prochaine, personne n'y songe en Espagne", appuie son homologue Fernando Lara, professeur à l'université de Navarre.

Dynamité par le fol été 2017, le montant global des transactions est pourtant passé de 2,66 milliards de dollars en 2012 à 7,35 milliards en 2019, selon le rapport TMS de la Fifa. Un chiffre presque multiplié par trois en l'espace de sept ans.

"Les sommes ne pourront pas rester au niveau actuel dans les deux ou trois prochaines années, parce que tous les pays sont touchés", renchérit Uli Hoeness, l'ancien président du Bayern Munich.

Baisse de la valeur des transferts

Selon une étude du Centre international d'étude du sport de Neuchâtel, la crise sanitaire, qui a provoqué l'interruption des compétitions, risque ainsi d'entraîner une baisse de 28 % de la valeur de transfert des joueurs des cinq grands championnats européens, passant de 32,7 à 23,4 milliards d'euros.

De quoi provoquer un fort ralentissement du marché des "top-players", entraînant à son tour un "effet domino" sur les autres segments "des joueurs intermédiaires aux plus basiques", estiment plusieurs acteurs du marché.

Principales victimes de l'assèchement de ce "ruissellement" ? Les championnats comme le Portugal, la Belgique, les Pays-Bas ou la France qui ont misé sur un modèle économique fondé sur le "trading de joueurs" grâce à une politique de formation performante.

Inquiétant sur le long terme ? "Quand le foot reprendra la tête à l'endroit, on reviendra sur cette inflation avec des salaires toujours plus élevées, des mutations toujours plus onéreuses. Je ne pense pas que cela remette en cause considérablement le système", estime Jean-Pascal Gayant.

"L'une des raisons, c'est que je ne pense pas qu'il y ait possibilité de l'existence d'une régulation mondiale ou supra-nationale pour faire autrement. Et le Brexit a encore diminué cette possibilité en Europe", ajoute-t-il.

Avec AFP

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