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Canada : une fusillade dans l'est du pays fait au moins 16 morts

À Portapique, Nouvelle-Écosse, au Canada le 19 avril, 2020.
À Portapique, Nouvelle-Écosse, au Canada le 19 avril, 2020. © John Morris, Reuters

Un homme armé a tué au moins 16 personnes dans la région canadienne de la Nouvelle-Écosse. Pris en chasse pendant une douzaine d'heures dans la province de l'est du Canada, l'assaillant a été abattu.

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Au moins 16 personnes, parmi lesquelles une policière, ont été tuées par un homme armé pour une raison encore inconnue dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril, en Nouvelle-Écosse (est du Canada). Il s'agit de la pire tuerie de ce genre qu'ait connu le Canada.

Âgé de 51 ans, l'homme, un prothésiste dentaire selon les médias, a été tué dimanche en fin de matinée après avoir été pris en chasse pendant une douzaine d'heures dans toute la province canadienne.

Lors de sa cavale meurtrière, Gabriel Wortman circulait au volant d'une voiture semblable à celles de la police, et portait au moins une partie d'un uniforme de policier.

Il a semé la mort en plusieurs endroits, dans des circonstances et pour une raison encore mystérieuses qui ont choqué le pays. Contrairement au voisin américain, les fusillades de masse demeurent rares au Canada.

Pas considéré à ce stade comme un acte terroriste

La responsable nationale de la Gendarmerie royale du Canada (GRC, police fédérale) a indiqué à plusieurs chaînes que le bilan était d'au moins 13 morts, avant d'annoncer en milieu de soirée un nouveau bilan d'au moins 16 morts, en plus du tueur, selon les chaînes CBC et CTV.

"Il est trop tôt pour parler de motivation", a expliqué lors d'un point presse le responsable des enquêtes criminelles de la police fédérale de Nouvelle-Écosse.

"Le fait que cet individu disposait d'un uniforme et d'une voiture de police laisse certainement penser que ce n'était pas un acte spontané", a-t-il affirmé, notant néanmoins que plusieurs victimes "ne semblent pas avoir de lien avec le tireur".

La responsable nationale de la GRC a pour sa part indiqué que cet acte n'était pas considéré à ce stade comme de nature terroriste.

Chasse à l'homme

La tuerie a commencé samedi en fin de soirée dans la petite commune rurale de Portapique, bourgade d'une centaine d'âmes située à environ 130 kilomètre de Halifax. Plusieurs victimes ont été découvertes devant et à l'intérieur d'une maison où la police a été appelée après des signalements de coups de feu.

L'auteur présumé de ces meurtres avait déjà pris la fuite à l'arrivée de la police, déclenchant une vaste chasse à l'homme. Déjà confinés par la pandémie de coronavirus, les habitants de la région ont été priés par les autorités de s'enfermer chez eux, voire de se réfugier dans leur sous-sol, alors que l'homme en fuite était "armé et dangereux".

Une policière tuée

L'Équipe d'intervention en cas d'incidents graves de la Nouvelle-Écosse, une agence indépendante chargée d'enquêter sur les incidents graves impliquant la police, a annoncé dans un communiqué avoir ouvert une enquête après la mort du suspect, abattu par la police à Enfield, près de l'aéroport de Halifax en fin de matinée.

Une policière, qui avait vingt-trois ans d'ancienneté et mère de deux enfants, a été tuée et un policier blessé, a précisé la police.

"C'est avec tristesse que j'ai appris l'acte de violence insensé qui a été perpétré en Nouvelle-Écosse et a coûté la vie de nombreuses personnes, y compris celle d'une membre de la Gendarmerie royale du Canada", a réagi le Premier ministre, Justin Trudeau, dans un communiqué.

Un lien avec la pandémie de coronavirus ?

Selon les médias canadiens, Wortman était propriétaire d'un cabinet d'orthodontie à Dartmouth, près de Halifax. La police a indiqué qu'elle tenterait de déterminer si cette fusillade avait un lien quelconque avec la pandémie de coronavirus, qui a entraîné la fermeture des activités non essentielles dans tout le pays.

La tuerie, dont le bilan pourrait encore s'alourdir selon la police, est d'ores et déjà la pire de ce genre que le Canada ait connu de toute son histoire.

Le 6 décembre 1989, un homme avait tué par balles 14 femmes à l'école polytechnique de Montréal avant de se donner la mort, provoquant ce qui était à l'époque la pire tuerie de masse, et le premier féminicide de l'histoire du pays.

Plus récemment, le 23 juillet 2018, le conducteur d'une camionnette de location avait tué huit femmes et deux hommes qu'il avait volontairement percutés sur le trottoir d'une artère du centre-ville de Toronto.

Le Premier ministre de Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, a pour sa part dénoncé "un des actes violents les plus insensés de l'histoire de notre province" atlantique, qui vit surtout de l'exploitation du bois et de la pêche. C'est l'une des provinces les moins peuplées du pays – qui en compte dix – avec moins d'un million d'habitants.

Avec AFP

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