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Face au Covid, les universités adaptent leurs modalités d'examens

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Paris (AFP)

Contrôle continu, devoirs à la maison ou examens en ligne: les universités, fermées jusqu'à septembre, planchent sur la manière d'évaluer leurs étudiants de façon équitable.

La rentrée universitaire ne se fera pas avant l'été, a annoncé Emmanuel Macron la semaine dernière.

Mais les examens de fin d'année ne sont pas pour autant annulés. Ils débutent à partir de la mi-mai dans la plupart des établissements du supérieur.

"Chaque matin, en ouvrant ma boîte mail, j'ai une bouffée de stress", confie Zakaria, étudiant en ingénierie au Havre. Il attend d'être fixé sur les passations des épreuves de fin d'année. "Si c'est en ligne, il risque d'y avoir une saturation des plateformes", craint-il.

"Chaque université a la charge de réviser ses modalités d'examen", explique Guillaume Gellé, le responsable formation de la conférence des présidents d'université (CPU). Une certitude: "il va être quasiment impossible d'organiser des évaluations en présentiel", c'est à dire en faisant se déplacer les étudiants dans des salles d'examen.

La loi impose de les prévenir quinze jours avant le début des examens des modalités décidées.

A l'université Lumière Lyon-2, les responsables de formations ont été "incités à privilégier le contrôle continu", explique sa présidente, Nathalie Dompnier.

Lorsque ce n'est pas possible, des épreuves seront organisées "à distance", mais en laissant la possibilité aux étudiants de les débuter à un moment de la journée qui les arrange, pas à un horaire contraint, poursuit-elle.

L'université a pris le soin d'identifier les jeunes ayant des problèmes de connexion ou des difficultés financières. "Pour ceux qui ne peuvent pas travailler correctement, on proposera de décaler les épreuves d'un mois", promet Mme Dompnier.

A l'université de Poitiers, la priorité est aussi donnée "aux évaluations garantes d'une égalité de traitement". Le principe retenu est la validation du semestre grâce aux notes obtenues avant le confinement ou pendant, "si les conditions étaient les mêmes pour tous".

- "Cadeau empoisonné" -

Pour les formations - sans contrôle continu applicable et sans évaluation à distance possible dans des conditions d'égalité de traitement - alors le semestre "ne sera pas pris en compte dans le calcul de la moyenne".

"L'idée, c'est d'essayer d'offrir à tous le maximum de chances de réussite", souligne aussi François Germinet, à la tête de l'université de Cergy-Pontoise. A distance, il y a de nombreuses possibilités d'évaluation, selon lui, outre le contrôle continu: des devoirs à la maison avec ou sans "ressources", des devoirs sur un temps imparti, des quiz, des QCM...

"Si un étudiant est dans l'incapacité de se connecter, on proposera une alternative", assure-t-il.

Pas question pour autant de donner les diplômes à tout le monde cette année. Ce serait "un cadeau empoisonnée", estime M. Germinet.

Le président de l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne Georges Haddad est du même avis: "Il ne s'agit pas de délivrer des diplômes qui n'auraient pas de sens et mettraient ensuite les élèves en difficulté".

Il fait notamment référence à la demande du syndicat étudiant Unef qui souhaite que les universités mettent en place des devoirs-maison avec une date de rendu indicative et qui soient sanctionnés d'une note minimale de 10/20.

"Cela permettrait aux étudiants de bénéficier d'un filet de sécurité dans cette période exceptionnelle qui met au jour une rupture pédagogique importante et une fracture numérique avec des remontées qui nous donnent environ 15% des étudiants n'ayant pas accès à un ordinateur", assure Mélanie Luce, sa présidente.

A ce jour, l'organisation étudiante affirme que la faculté de droit de l'université de Lorraine a acté ce principe, ainsi que l'université d'Aix-Marseille.

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