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Après un accident avec la police, nouvelle nuit de tension en banlieue parisienne

Des heurts à Villeneuve-la-Garenne le 20 avril 2020.
Des heurts à Villeneuve-la-Garenne le 20 avril 2020. © Compte Twitter @ECHOBANLIEUES via Reuters

De nouveaux incidents nocturnes ont éclaté en banlieue parisienne, lundi, deux jours après un accident entre un motard et une voiture de police banalisée à Villeneuve-la-Garenne, près de Paris. Alors qu'une enquête a été ouverte, deux versions s'opposent.

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De nouveaux incidents sporadiques ont éclaté dans plusieurs quartiers de la banlieue parisienne, dans la nuit de lundi 20 à mardi 21 avril, après l'accident d'un motard impliquant la police samedi à Villeneuve-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, au nord de Paris. Neuf personnes ont été interpellées, selon la préfecture de police.

"Neuf personnes ont été interpellées pour détention d'engins incendiaires et participation à un groupement en vue de commettre des violences et ou des dégradations", a indiqué la préfecture de police. Sept personnes ont été arrêtées par la police à Clichy-la-Garenne et deux autres à Rueil-Malmaison, deux communes des Hauts-de-Seine, a-t-on précisé de même source. "Aucun blessé n'est à déplorer", a-t-on complété.

>> À lire : Banlieues françaises : dans les quartiers défavorisés, "on redoute la crise sanitaire post-Covid"

À Villeneuve-la-Garenne, des tirs de mortiers d'artifice ont été effectués peu avant minuit, ont constaté des journalistes de l'AFP. Les incidents ont commencé un peu plus tôt dans la commune voisine d'Asnières, avec des tirs similaires.

En Seine-Saint-Denis, des poubelles ont été incendiées à Aulnay-sous-Bois et Saint-Denis vers 22 h 30. À Saint-Denis, la situation était redevenue un peu plus calme peu après 23 h, sans "affrontements" avec la police, a précisé la préfecture à l'AFP.

Samedi soir, un homme de 30 ans qui circulait sans casque sur une moto de cross a eu la jambe gauche fracturée après avoir heurté la portière ouverte d'une voiture de police banalisée qui se trouvait à l'arrêt à un feu rouge.

Des témoins dénoncent une "bavure" policière

L'accident, en plein confinement, a rapidement enflammé les réseaux sociaux, alimentés par des vidéos de témoins dénonçant une "bavure" policière, et provoqué des échauffourées dans la ville le soir-même. Une enquête pour "menaces et outrages contre personnes dépositaires de l'autorité publique" a été ouverte pour ces faits.

Dans la nuit de dimanche à lundi, des tensions avaient éclaté en Île-de-France. À ce stade, aucun lien n'a pu être établi par les autorités entre ces incidents et l'accident de Villeneuve. "Ces agissements sont évidemment intolérables et appellent une réponse de fermeté, a déclaré à l'AFP la porte-parole du ministère de l'Intérieur, Camille Chaize. "À ce stade, ils demeurent néanmoins de relativement faible intensité", a-t-elle cependant relevé.

La porte-parole a souligné que "pour les jours à venir, des dispositifs (de police) gradués (étaient) prévus pour l'ensemble des départements de petite et grande couronne", assurant qu'il n'y avait "pas de problème capacitaire" en matière d'effectifs.

Versions contradictoires

Sur le volet de l'accident, une enquête a été ouverte par le parquet de Nanterre pour en déterminer les circonstances exactes, qui font l'objet de versions contradictoires. L'Inspection générale de la police nationale (IGPN, la "police des polices") a également été saisie.

Du côté des autorités, on assure que les policiers ont ouvert la portière pour procéder au contrôle du jeune homme qui roulait à vive allure et aurait manqué de renverser l'un d'eux avant de percuter leur voiture.

"Mon client me garantit qu'il n'y avait personne à l'extérieur de la voiture", réfute l'avocat du motard, Stéphane Gas, qui a déposé plainte lundi contre les policiers. "Il a vu une voiture noire et au dernier moment la porte s'ouvrir. Il a eu le temps d'appuyer sur le frein mais il était déjà dans la portière", ajoute-t-il, expliquant que son client roulait selon lui entre 70 et 80 km/h. "Il est manifeste que le policier à l'origine de cette manœuvre a délibérément cherché, si ce n'est à faire tomber, a minima à gêner la progression", peut-on lire dans la plainte.

Selon les premiers éléments d'enquête fournis par le parquet, "le motard qui arrivait par l'arrière en cherchant d'abord à dépasser le véhicule par la gauche, a changé de trajectoire pour finalement doubler le véhicule arrêté par la droite, au mépris des règles du code de la route et est venu percuter la portière avant droite, en cours d'ouverture".

Avec AFP

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