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Coronavirus: le hand français s'attend à "une secousse extrêmement forte"

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Paris (AFP)

Loué en Europe pour son modèle économique solide, le handball français s'attend à subir une "secousse extrêmement forte" pendant la saison 2020/21 en conséquence de la crise économique à venir, mais les clubs se préparent à l'absorber.

"La turbulence est telle que l'on ne sait pas comment on va sortir ni comment on va atterrir. Ce qui m'importe, la saison prochaine, c'est que l'on franchisse tous la ligne d'arrivée sauvés économiquement", estime pour l'AFP David Tebib, président de l'Union des clubs professionnels du handball (UCPH) et de celui de Nîmes.

Le dernier match de Starligue remonte au 5 mars, à Coubertin (victoire du Paris SG sur Nîmes). Pour le prochain, il va falloir attendre: fin août pour l'échéance la plus proche, début octobre pour la plus éloignée.

La Ligue nationale de handball (LNH) a annoncé l'arrêt définitif de la saison en raison de la pandémie de Covid-19, position poussée par l'UCPH, majoritaire à la LNH. Un consensus facilité par l'absence de relégation, puisque la Starligue passera à 16 clubs dès la saison prochaine. Un projet qui était dans les tuyaux pour les saisons à venir et qui a été accéléré.

L'arrêt des compétitions présente toutefois de très nombreux défis pour les clubs. Aux huit journées perdues cette saison s'ajoute surtout le risque d'être touché par la crise économique qui va succéder à la crise sanitaire.

- Crainte pour les partenaires privés -

"C'est difficile d'imaginer ce que sera la saison prochaine. Le sport ne va pas être la priorité pour les entreprises, donc il y aura un impact économique", estime Kamel Remili, directeur du club de Créteil.

Si le modèle du hand français ne dépend pas d'une source dominante de revenus, "les partenariats privés constituent une bonne partie de l'économie des clubs", souligne David Tebib.

Pour les clubs de taille moyenne, cela passe par le tissu d'entreprises locales, "celui pour lequel on s'attend à ce qu'il y ait le plus de casse", redoute Bruno Martini, manager général du Paris SG, désormais sextuple champion de France en titre.

"Notre crainte est de voir le partenariat privé baisser de manière considérable. La difficulté, c'est le manque de visibilité. Aujourd'hui, ce serait indécent d'appeler les partenaires pour parler de la saison prochaine", ajoute le dirigeant nîmois.

Il espère plus de visibilité à la sortie du confinement, lorsque "l'entrepreneuriat se remettra en route. On verra les dégâts". Et de glisser la métaphore du roseau: "On a des économies et des clubs assez flexibles, j'espère que l'on va plier mais ne pas rompre".

- Pas de huis clos -

Lors de la crise financière de 2008, le handball espagnol, au sommet de l'Europe avec l'Allemagne, s'est retrouvé à terre avec des disparitions de clubs mythiques vainqueurs de la Ligue des champions, comme Santander, Pampelune ou Ciudad Real (devenu Atlético Madrid avant sa liquidation).

"Le handball espagnol de l'époque vivait au-dessus de ses moyens et il n'y avait pas d'organisme de contrôle de gestion comme il en existe en France", souligne Bruno Martini. "Je ne dis pas qu'il n'y aura pas de la casse, mais les clubs ne sont pas déjà en difficulté."

La Commission nationale d'aide et de contrôle de gestion (CNACG) a souligné en avril 2019 dans son raport pour la saison 2017/18 des "voyants et indicateurs économiques majoritairement au vert dans les deux divisions".

Pour traverser au mieux la crise, "la priorité qui doit nous guider, parce que c'est le seul modèle qui fonctionne auprès des spectateurs, des partenaires privés et institutionnels, c'est le championnat", insiste David Tebib. "C'est le feuilleton, le pain quotidien des clubs".

Un retour à huis clos à l'automne semble exclu car pour la plupart des clubs, ouvrir une salle sans spectateur se ferait à perte. Mieux vaudrait alors reporter le début de la saison au-delà d'octobre.

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