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Le Cameroun admet l'implication de militaires dans le meurtre de 13 civils

Des membres de la Force d'intervention rapide du Cameroun patrouille, le 21 mars 2019, dans les environs de Mosogo, dans le nord du pays.
Des membres de la Force d'intervention rapide du Cameroun patrouille, le 21 mars 2019, dans les environs de Mosogo, dans le nord du pays. © Reinnier Kaze / AFP

Deux mois après le massacre de civils dans un village du nord-ouest du Cameroun, Yaoundé a fini par reconnaître l'implication de son armée. Une enquête avait été ouverte grâce à la pression de la communauté internationale sur le président Biya.

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La présidence camerounaise a admis, mardi 21 avril, que 13 civils, dont 10 enfants, avaient été tués par trois militaires et des supplétifs dans un village du nord-ouest séparatiste anglophone mi-février. Yaoundé avait jusqu'alors nié toute responsabilité de son armée dans ce massacre.

Dans la nuit du 13 au 14 février, selon l'ONU, 23 civils, dont 15 enfants (neuf de moins de 5 ans) et deux femmes enceintes, avaient été tués dans le quartier de Nargbuh du village de Ntumbo, une tuerie qui avait déclenché un tollé international.

>> À lire : Un village du Cameroun anglophone cible d'une attaque armée

Trois soldats et un groupe d'autodéfense ont "donné l'assaut" contre une base de rebelles séparatistes et, "après des échanges de tirs au cours desquels cinq terroristes ont été abattus", ils ont "découvert que trois femmes et dix enfants avaient péri du fait de leur action", a annoncé la présidence camerounaise dans un communiqué lu à la radio nationale. Et d'ajouter : "Pris de panique, les trois militaires aidés de certains membres du comité de défense, ont tenté de masquer les faits par des incendies".

Les exactions et crimes commis de part et d'autre sont fréquents, selon les ONG internationales, dans les deux régions peuplées par la minorité anglophone camerounaise dans le nord-ouest. Depuis trois ans des groupes rebelles séparatistes et les forces de sécurité s'y affrontent.

Sous la pression internationale, le président Paul Biya avait exigé l'ouverture d'une enquête sur la tuerie, dont les premières conclusions ont été livrées mardi soir. Jusqu'alors, pressé par les ONG internationales qui accusaient l'armée et une milice peule alliée d'avoir perpétré le massacre, Yaoundé avait nié. Le gouvernement avait affirmé que la mort de civils était la conséquence d'un "malheureux accident" : l'explosion de conteneurs de carburant consécutive à des échanges de tirs entre soldats et séparatistes.

Avec AFP

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