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Paris Normandie en quête de repreneurs en pleine crise sanitaire

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Caen (AFP)

"Plaqué au sol par la crise sanitaire" du coronavirus, selon sa direction, le quotidien régional Paris Normandie a été placé mardi en liquidation judiciaire avec prolongation d'activité dans l'espoir que des repreneurs se manifestent.

Le tribunal de commerce de Rouen a autorisé pour trois mois la poursuite de l'activité, a indiqué à l'AFP Jean-Louis Louvel, propriétaire à plus de 90% du journal qui emploie 216 salariés selon leur avocate.

Le jugement ne mentionne ni date d'une nouvelle audience, ni date limite de dépôt des offres, a ajouté ce chef d'entreprises normandes, candidat à la mairie de Rouen soutenu par LREM et arrivé troisième au 1er tour des élections le 15 mars.

Paris Normandie "se trouve soudainement plaqué au sol par les conséquences de la crise sanitaire", alors que le quotidien était "un genou à terre", "en train de se redresser", avait expliqué la semaine dernière la direction dans un communiqué.

"En l'espace de quelques semaines tout s'est écroulé parce qu'on n'avait aucun matelas", estime de son côté Anne Bouchet déléguée syndicale SNJ du journal.

La dette a beau être passée de 10 à 7 millions en trois ans, le journal fondé en 1944 affiche une chute de 90% des recettes publicitaires, "du jamais vu", selon Mme Bouchet.

Les "audiences sur internet" ont beau avoir "explosé", "les millions de pages vues ne sont pas des millions d’euros. Pas même des milliers", se désolait le journal le 10 avril dans une tribune signée "Paris Normandie" appelant les lecteurs à s'abonner.

Implanté uniquement en ex-Haute Normandie, dont il est l'unique quotidien local, Paris Normandie compte 22.500 abonnés papier et 1.500 abonnés web, selon la direction. En 2019, le journal diffusait à environ 41.280 exemplaires, soit 6,9% de moins qu'en 2018, selon l'Acpm, organisme de certification de l'audience de la presse. Une baisse supérieure à la moyenne de la presse régionale.

Selon "les estimations les plus raisonnables (...) le déficit global à la fin de l’été atteindrait plus de 3 millions d'euros dans le cadre d’un déconfinement et d’une reprise totale d’activité", selon la direction.

"Je ne doute pas que plusieurs offres seront transmises", a indiqué avoir dit au tribunal M. Louvel, assurant aux juges avoir déjà eu des contacts avec des repreneurs.

- un appel à l'Etat -

M. Louvel a indiqué qu'il ne présenterait pas d'offre pour sa part. Il n'a pas donné plus de précisions.

Les salariés, qui ont connu trois procédures judiciaires depuis 2012, sont bien sûr "inquiets", selon le SNJ.

"On suppose qu'il y aura plusieurs repreneurs parce que la fameuse dette sera annulée", avec la liquidation avec prolongation d'activité, a indiqué Anne Bouchet. Reste à savoir si ces offres seront "sérieuses" et si des salariés resteront "sur le carreau".

Lundi, le candidat malheureux à la reprise du journal en 2017, le groupe belge Rossel (La Voix du Nord), n'a pas souhaité indiquer s'il ferait à nouveau une offre. M. Louvel n'a pas souhaité indiquer si le groupe l'avait contacté.

Le 15 avril, le tribunal avait prononcé la liquidation avec poursuite d'activité pour la RNP, la régie publicitaire du titre qui emploie 25 personnes selon Jessy Levy, avocate des salariés.

Mardi dans un communiqué, le député PCF Sébastien Jumel en a appelé "à l'Etat qui ne doit pas négliger son soutien à la liberté d'informer et prendre ainsi des mesures d'aides financières pour permettre à ce titre de surmonter cette crise".

Jeudi le gouvernement a annoncé préparer des mesures d'aides à la presse.

Président de la société de palettes en bois PGS, qui emploie 1.300 personnes, M. Louvel avait acheté Paris Normandie en 2017 au journaliste Xavier Ellie, à qui le groupe Hersant l'avait cédé en 2012.

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