Coronavirus: les régions s'inquiètent de leurs finances auprès de Philippe

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Paris (AFP)

Edouard Philippe a réuni jeudi après-midi par visioconférence les présidents de régions qui ont demandé une "approche différenciée du déconfinement" et se sont inquiétés de la baisse de leurs ressources en raison de la crise économique, selon des sources concordantes.

M. Philippe, qui rassemblera vendredi matin les représentants des départements, a tenu ce rendez-vous avec les régions depuis Strasbourg, où il se trouvait en déplacement.

Alors qu'Emmanuel Macron avait écarté jeudi matin auprès des maires toute régionalisation du déconfinement qui doit débuter le 11 mai, plaidant plutôt pour un déverrouillage "adapté aux territoires", les présidents de région ont également demandé que "l'intensité varie selon les territoires".

"Tout est encore, je crois, ouvert, la discussion se fait au niveau du gouvernement pour avoir une doctrine claire et fixe et, à partir de cela, sur l'ensemble du territoire français, cette doctrine sera déclinée en fonction de la réalité épidémiologique, de la puissance ou pas encore de l'épidémie", a dit Jean Rottner, président LR de la région Grand-Est.

Alors que les régions ont la main sur les lycées, le président de la région Normandie Hervé Morin a appelé à "une vraie discussion entre l'Etat et les collectivités territoriales car on a le sentiment d'un grand cafouillage entre l'allocution d'Emmanuel Macron, les annonces faites par Jean-Michel Blanquer et les hypothèses présentées aujourd'hui par le Premier ministre". Le chef de l'Etat a suscité des interrogations jeudi en insistant sur le fait que le retour à l'école se ferait sur la base du volontariat.

Mais ce sont les questions économiques qui ont majoritairement occupé la réunion entre le Premier ministre, accompagné notamment du ministre de l'Economie Bruno Le Maire, et les régions. Ces dernières sont notamment préoccupées par la baisse de leurs recettes fiscales (TVA, Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises, taxe sur les produits énergétiques...), chiffrée à un milliard d'euros en 2020 et entre 3 et 4 milliards en 2021, quand leur budget total est de 30 milliards.

"Si les régions sont en cessation de paiement, elles ne pourront pas aider à la relance", a fait valoir M. Muselier, en assurant que la trésorerie des collectivités était "à sec" et qu'elles risquaient "le naufrage".

Les présidents ont donc proposé de mettre en place des "contrats de reconstruction", qui seraient abondés par les recettes des régions, les fonds européens qu'elles perçoivent et une rallonge de l'Etat, afin de "mettre en place immédiatement des projets", selon M. Muselier. Ces contrats seraient signés sur les modèles de ceux limitant la progression de la dépense des collectivités (dits "pactes de Cahors", créés fin 2017).

Une réunion doit avoir lieu lundi sur cette question avec le ministre du Budget Gérald Darmanin.

Le rendez-vous a aussi permis "faire un point sur les dispositifs de soutien à l'activité économique", alors que les régions abondent à hauteur de 500 millions d'euros le fonds de solidarité de 7 milliards d'euros mis en place par le gouvernement en direction des entreprises.

"On a beaucoup insisté sur la nécessité de la reprise du travail en règle générale", a souligné le président de la Région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, tout en soulignant les "tensions sur les achats de moyens de protection" des salariés, comme les masques.

Vendredi à 11H00, le Premier ministre tiendra une visioconférence avec les représentants de l'Association des départements de France (ADF).

Trois points sont à l'ordre du jour, a-t-on appris auprès de l'ADF: "la gestion de crise par les départements", "la préparation du déconfinement" avec le sujet de la reprise dans les collèges, et les sujets financiers, notamment liés à la perte de recettes fiscales et l'augmentation parallèle des aides sociales qui sont à la charge des départements.