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Le Tour de Suisse virtuel, un palliatif éloigné du terrain

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Paris (AFP)

Un palliatif très observé: le Tour de Suisse digital, qui réunit des coureurs professionnels sur leurs vélos d'intérieur, n'a qu'un rapport lointain avec la course d'origine bien que diffusée dans une dizaine de pays.

Le Tour de Suisse virtuel, quésaco ?

Cinq courses d'environ une heure pour des coureurs des équipes qui auraient dû participer au vrai Tour de Suisse, du 7 au 14 juin, annulé en raison de la pandémie de coronavirus. Les 19 équipes (dont 16 WorldTour) ont délégué trois représentants pour chaque course. Plusieurs grands noms (Roglic, Alaphilippe, Nibali, Bardet, Evenepoel) ont donné leur accord pour l'opération.

A son domicile, chaque coureur pédale sur son home-trainer connecté à une plate-forme qui simule sur une trentaine de kilomètres la route, dénivelé compris, qui aurait été empruntée par la course. Le cahier des charges fixe les réglages pour chacun, notamment le poids de chaque participant permettant de calculer le rapport watts/kg. Les chiffres sont visibles à l'écran pour chaque coureur représenté par son avatar.

Une sorte de contre-la-montre à distance

L'absence de phénomène d'aspiration transforme cette course en peloton (57 coureurs) en contre-la-montre individuel. Au contraire d'autres simulateurs, notamment le plus courant sur lequel sont basées les équipes de l'e-sport, la plate-forme choisie, si elle a l'avantage d'évoquer le paysage réel, ne prend pas en compte le phénomène d'aspiration, élément-clé du cyclisme sur route. Rien d'étonnant par conséquent que la première étape de l'épreuve ait été remportée mercredi par le champion du monde du contre-la-montre, l'Australien Rohan Dennis.

"Il faut pousser les watts, on transpire beaucoup, c'est un effort très vite exigeant", relève Lilian Calmejane, qui a participé à cette "première". A la fin de son parcours, Dennis lui-même a déclaré avoir eu "un début de crampes".

Loin des conditions réelles de la course...

Faute de réunir les conditions de base pour la course, un classement ne peut être qu'indicatif. D'un coureur à l'autre, les conditions diffèrent grandement. L'un produit son effort à l'extérieur, l'autre dans une pièce fermée, ce qui nécessite alors l'aide d'un ventilateur pour supporter l'effort, en plus de l'indispensable hydratation.

Ne serait-ce qu'à propos de la différence entre le home-trainer et le vélo pratiqué sur la route, Romain Bardet rappelle d'ailleurs: "Ce n'est pas du tout la même technique de pédalage, le vélo ne bouge pas."

... mais une occupation bienvenue

"J'ai dit oui tout de suite", assume Nicolas Roche. L'Irlandais, qui apprécie l'exercice, avait pris part au début du mois à un Tour des Flandres virtuel, retransmis par la chaîne flamande et qui a attiré plus de... 600.000 téléspectateurs. A croire que l'absence de compétition rend le public +addict+ puisqu'une dizaine de chaînes de télévision, la plupart d'Europe de l'Ouest (La Chaîne L'Equipe en France), diffusent cette +compétition+.

"C'est plus que bienvenu dans cette période calme et étrange", confirme le Belge Remco Evenepoel. "Toutes les initiatives pour stimuler les coureurs, je les prends", sourit Marc Madiot, le patron de la formation Groupama-FDJ. "Après tout, pourquoi pas ?"

Il reste que les acteurs, les principaux concernés, ne se tournent vers ce nouveau format que par défaut. "On a juste ça à se mettre sous la dent", soupire Bardet. "Mais c'est un bon palliatif pour faire quelques efforts".

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